L’Assemblée nationale unie contre l’expulsion de Firas Bouzgarrou

Une motion déposée par QS pour empêcher l’expulsion de ce père de famille tunisien a fait l’unanimité à l'Assemblée nationale. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une motion déposée par QS pour empêcher l’expulsion de ce père de famille tunisien a fait l’unanimité à l'Assemblée nationale. 

À 48 heures de sa déportation, Firas Bouzgarrou bénéficie maintenant du soutien des 125 députés de l’Assemblée nationale, qui ont adopté à l’unanimité une motion demandant au gouvernement fédéral de régulariser le statut de ce travailleur tunisien. Déposée mercredi par le député de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, la motion souligne que M. Bouzgarrou est un travailleur essentiel « parfaitement intégré et francophone » et qu’il bénéficie d’un « fort mouvement de sympathie et d’appui populaire » des Québécois, autant de bonnes raisons pour que le ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, lui permette de « continuer à vivre au Québec. »

La semaine dernière, Le Devoir avait rapporté l’histoire de ce père de famille tunisien qui a perdu sa résidence permanente qu’il avait obtenue en 2013 parce qu’il était resté trop longtemps en Tunisie auprès de sa fille aux prises avec de graves problèmes de santé et auprès de sa femme qui a vécu le deuil de son père. Or, la loi stipule que pour avoir la résidence permanente, il faut être présent sur le sol canadien un minimum de 730 jours (2 ans) non consécutifs sur les cinq ans suivant la délivrance du statut, ce qui a été impossible pour M. Bouzgarrou.

Après avoir contesté — en vain — cette décision devant la cour fédérale, M. Bouzgarrou a déposé une demande de résidence permanente pour motifs humanitaires, où il s’agit pour lui de prouver qu’il est bien intégré et qu’il mérite de rester. Mais la réponse, reçue il y a environ un mois, a été négative.

Selon son avocat, ce Tunisien dans la fin trentaine a pourtant tout du travailleur exemplaire : « On le rejette, mais il coche toutes les cases [de l’immigrant] dont on a besoin dans notre société d’aujourd’hui, alors qu’on parle de pénurie de main-d’œuvre et du déclin de la langue française », avait déclaré Guillaume Cliche-Rivard. Parfaitement francophone, M. Bouzgarrou cumule actuellement trois emplois, dont le principal au sein de l’entreprise CAD railways, à Lachine, qui fabrique des wagons de train.

Au cabinet de l’Immigration on se dit sensible à la situation et entend communiquer avec le nouveau ministre fédéral pour discuter du dossier, puisque la décision lui appartient. « Si celui-ci décide de renverser sa décision, nous serions disposés à traiter son dossier dans le respect des règles qui s’appliquent », souligne Flore Bouchon, l’attachée de presse. La ministre Nadine Girault qui est actuellement en convalescence pour une intervention chirurgicale mineure. Elle est remplacée par le ministre du Travail, Jean Boulet.

La semaine dernière, cinq élus provinciaux et fédéraux ont tenu une conférence de presse conjointe pour apporter leur soutien à Firas Bouzgarrou. Avec le député fédéral Alexandre Boulerice, du Nouveau Parti démocratique (NPD), Andrés Fontecilla a demandé une intervention d’urgence d’Ottawa dans ce dossier. Saul Polo, du Parti libéral du Québec, Méganne Perry Mélançon, du Parti québécois, et Alexis Brunelle-Duceppe, du Bloc québécois, ont également soutenu cette démarche.

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