En Afrique, les cas de COVID-19 recensés ne seraient que la pointe de l’iceberg

Les statistiques officielles présentent une Afrique largement épargnée par la pandémie. Or, six cas d’infection à la COVID-19 sur sept passent sous le radar. C’est du moins la conclusion de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui tente maintenant de prévoir les flambées à venir.

« La majorité des tests de dépistage sont effectués sur des personnes qui présentent des symptômes de la COVID-19, mais les sujets asymptomatiques sont à l’origine d’une grande partie de la transmission de la maladie », a expliqué jeudi dernier la Dre Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Ce que nous voyons pourrait donc n’être que la pointe de l’iceberg. »

Lors d’un point de presse, la Dre Moeti a estimé qu’environ 59 millions d’Africains ont été infectés par le coronavirus plutôt que les 8 millions officiellement enregistrés.

Sur 1,3 milliard d’habitants de cet immense continent, environ 5 % ont été adéquatement vaccinés, selon les données du site Our World in Data, piloté par l’Université d’Oxford.
 

 


Afin d’y voir plus clair — et surtout de prévenir d’éventuelles flambées de cas —, l’OMS a annoncé une nouvelle initiative pour établir des dépistages communautaires dans huit pays : au Burundi, au Congo, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Mozambique, en République démocratique du Congo, au Sénégal et en Zambie. Le programme vise à accroître de 40 % la capacité de dépistage dans chaque pays participant.

L’OMS compte utiliser une « stratégie d’intervention en anneau » pour combiner une meilleure détection et une vaccination efficace. Cette technique a été déployée avec succès pour la première fois lors de l’éradication de la variole au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

Cette approche ciblera les campagnes de vaccination auprès des personnes qui vivent à l’intérieur d’un cercle de 100 mètres de rayon autour de chaque nouveau cas confirmé afin d’empêcher la propagation de la maladie.

Les responsables de l’OMS espèrent pouvoir mettre en œuvre ces tests de dépistage rapide avant la fin de l’année, puisque « comme nous l’avons vu l’an dernier, l’intensité des voyages et des rassemblements en décembre mène à une recrudescence des cas ».
 

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 18 octobre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.


 



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