Plusieurs groupes de tous les horizons reconnaissent l'existence du racisme systémique

Une manifestation appelée «Justice pour Joyce» à Montréal, le samedi 3 octobre 2020
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Une manifestation appelée «Justice pour Joyce» à Montréal, le samedi 3 octobre 2020

Pendant que le premier ministre François Legault répétait que le racisme systémique n’existe pas au Québec, plusieurs groupes de tous les horizons ont fait bande à part dans les derniers mois. Le Devoir dresse une liste non exhaustive de ceux qui reconnaissent désormais son existence.

Syndicats

L’idée que le racisme systémique fait rage au Québec a vite fait son chemin dans le monde syndical. Dans les jours qui ont suivi la mort de Joyce Echaquan, en 2020, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente 76 000 professionnels, a convenu de l’existence du phénomène.

« La première action que nous devons poser, c’est de reconnaître qu’un problème existe et qu’une réflexion profonde s’impose », tranchait en octobre 2020 la présidente de la FIQ, Nancy Bédard.

Les centrales syndicales ont vite suivi. La Centrale des syndicats du Québec, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec et la Confédération des syndicats nationaux sont de ceux qui reconnaissent les effets du racisme systémique.

Même l’Union des artistes s’est prononcée. « On doit nommer les choses : le racisme systémique existe », écrivait le syndicat l’an dernier.

Ordres professionnels

La forte secousse qui a ébranlé le monde hospitalier après la mort de Joyce Echaquan a eu des effets pérennes au sein des ordres professionnels québécois du milieu de la santé. Cet été, tant le Collège des médecins (CMQ) que l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec prenaient position sur le racisme systémique.

Le CMQ milite d’ailleurs pour l’adoption du Principe de Joyce, qui repose sur un diagnostic de discrimination systémique.

Partis politiques

Rarement un concept savant a-t-il autant ébranlé le Salon bleu, à Québec, et la Chambre des communes, à Ottawa.

Dans la capitale québécoise, deux partis n’y croient pas : la Coalition avenir Québec de François Legault et le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon. Au contraire, le Parti libéral du Québec et Québec solidaire l’ont maintes fois reconnu.

À Ottawa aussi, la Chambre est partagée. Trois partis acceptent la définition de racisme systémique : le Parti libéral du Canada, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert.

Gouvernements provinciaux

Si le sujet du racisme systémique rebondit régulièrement au Québec, il le fait aussi dans le reste de la fédération. Dans les derniers mois, presque tous les premiers ministres des provinces ont eu à se prononcer sur cette idée. Trois l’ont niée ou ont refusé de prendre position.

Résultat : la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador reconnaissent l’existence d’un système raciste.

Corps policiers

Ce sont les agissements d’un agent de police qui ont d’abord amené François Legault à se positionner sur le racisme systémique : à l’été 2020, le policier Derek Chauvin enlevait la vie à George Floyd, un Afro-Américain, dans une intervention filmée qui fait le tour du globe.

Au Québec, cet événement a poussé plusieurs corps policiers à se questionner sur leurs méthodes d’intervention, en plus de remettre à l’avant-plan la question du profilage racial.

Au printemps 2020, le Service de police de la Ville de Montréal convenait du « caractère systémique du racisme ».

Ces constats dépassent d’ailleurs les limites du Québec. Après avoir évité pendant plusieurs jours de se prononcer sur le racisme systémique, la commissaire Brenda Lucki, de la Gendarmerie royale du Canada, a admis l’an dernier qu’elle « aurait dû ».

Dans le privé

Dans les derniers mois, plusieurs organismes et entreprises privés ont reconnu son existence. C’est le cas de certaines banques, comme la RBC et la CIBC, et d’une poignée d’établissements d’enseignement, comme l’Université McGill.

Un dessert pour finir ? L’entreprise Ben & Jerry’s, connue pour ses nombreux parfums de crème glacée, écrit sur son site Web que « le racisme systémique, c’est vrai ».

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