CHSLD Herron: la coroner veut vérifier si des employés ont quitté leur poste

«Ensuite, j’aurai l’impression de boucler la boucle à Herron. Peut-être que je n’aurai pas toutes mes réponses, mais au moins, je pourrai dormir sur mes deux oreilles», a expliqué la coroner, Géhane Kamel.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir «Ensuite, j’aurai l’impression de boucler la boucle à Herron. Peut-être que je n’aurai pas toutes mes réponses, mais au moins, je pourrai dormir sur mes deux oreilles», a expliqué la coroner, Géhane Kamel.

La coroner Géhane Kamel a changé d’idée : elle va finalement visionner les images captées par les caméras du CHSLD Herron, afin de vérifier si des employés ont quitté leur poste en laissant des résidants à eux-mêmes, les 27, 28 et 29 mars 2020.

La coroner, qui préside l’enquête sur le sort des aînés vulnérables pendant la première vague de la COVID-19, au printemps 2020, en a fait l’annonce jeudi.

Elle a dit avoir « très mal dormi » en repensant aux questions qui lui restent encore en tête, alors que ses audiences portant spécifiquement sur le CHSLD Herron achèvent.

« J’avais l’impression de partir avec beaucoup de questions et des réponses à moitié, des réponses qui ne me satisfont pas », a justifié la coroner.

Elle a expliqué qu’elle avait d’abord refusé de visionner les images de ces caméras de surveillance, n’y voyant pas de pertinence pour son enquête. Mais c’est en repensant aux familles qu’elle a changé d’idée, dit-elle, afin d’« élucider un minimum pour eux (elles) » ce point.

Elle a dit vouloir ainsi vérifier si des employés du CHSLD Herron avaient décidé de quitter leur poste, les 27, 28 et 29 mars, sans s’assurer d’avoir une relève, laissant ainsi des aînés vulnérables à leur sort. Elle verra après si c’est pertinent à son enquête, a-t-elle dit.

Trois autres journées d’audiences

D’ailleurs, elle a aussi annoncé qu’elle ajoutait trois journées à ses audiences, les 25, 26 et 27 octobre, pour entendre au moins quatre témoins « que je veux “challenger” par rapport à de l’information qu’on a reçue ».

Plus tard, elle a voulu rassurer les procureurs qui représentent les parties, en leur disant que cela ne vise pas à « prendre des gens en défaut ».

« Ensuite, j’aurai l’impression de boucler la boucle à Herron. Peut-être que je n’aurai pas toutes mes réponses, mais au moins, je pourrai dormir sur mes deux oreilles », a-t-elle ajouté.

La coroner a rappelé que son enquête ne visait pas à trouver un ou des coupables, mais bien à rechercher la vérité pour mieux comprendre ce qui s’est passé.

Un volet national à ses audiences est ensuite prévu. Elle espère toujours avoir terminé son enquête au début du mois de décembre.

La propriétaire

Jeudi, la propriétaire de Herron, Samantha Chowieri, a poursuivi son témoignage. Pour l’essentiel, elle a soutenu que son CHSLD privé avait demandé de l’aide au CIUSSS de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal parce qu’il n’arrivait pas à recruter suffisamment de personnel, mais qu’il s’était plutôt retrouvé avec une mise en tutelle et des reproches quant à sa gestion et ses soins aux résidants.

Elle a aussi blâmé Info-Santé pour avoir, dit-elle, conseillé à ses employés qui appelaient « le 8-1-1 » de se placer en isolement pendant 14 jours s’ils avaient été exposés à un cas de COVID-19. Selon elle, cette consigne a grandement contribué à la priver de ses employés réguliers, en plus de la peur que ceux-ci éprouvaient devant un virus alors peu connu.

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