Encore beaucoup de recherches à faire sur le site de l’ancien pensionnat à Kamloops

D’autres nations autochtones du Canada, y compris la nation Cowessess en Saskatchewan, ont également signalé avoir trouvé des tombes en utilisant la même technologie.
Renaud Philippe Le Devoir D’autres nations autochtones du Canada, y compris la nation Cowessess en Saskatchewan, ont également signalé avoir trouvé des tombes en utilisant la même technologie.

Une experte affirme qu’un radar à pénétration de sol a été utilisé pour des recherches dans un verger de pommiers à l’ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique, après la découverte d’os des côtes et d’une dent d’un enfant.

La professeure Sarah Beaulieu de l’Université de la vallée du Fraser précise que la fouille a porté sur moins d’un hectare et qu’il reste 65 hectares à couvrir.

L’experte chargée des recherches a déclaré qu’elles avaient commencé dans le verger après cette découverte, et parce que des aînés et des gardiens du savoir se sont souvenus d’enfants aussi jeunes que six ans réveillés la nuit pour aider à creuser des tombes.

« La télédétection, comme (le radar à pénétration de sol), n’est pas nécessaire pour savoir que des enfants ont disparu dans le contexte des pensionnats indiens », a déclaré la professeure Sarah Beaulieu de l’Université de la vallée du Fraser lors de la conférence de presse, jeudi. « Ce fait est reconnu par les communautés autochtones depuis des générations. »

Le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation a identifié jusqu’à 6000 enfants disparus, mais s’attendait à ce que le nombre réel soit plus élevé, a noté Mme Beaulieu.

La télédétection « fournit simplement une certaine spécificité spatiale à cette vérité », a-t-elle déclaré.

D’autres nations autochtones du Canada, y compris la nation Cowessess en Saskatchewan, ont également signalé avoir trouvé des tombes en utilisant la même technologie.

Les recherches à Kamloops ont jusqu’à présent couvert moins d’un hectare de la propriété de 65 hectares, a indiqué Mme Beaulieu, une spécialiste expérimentée dans l’examen des cimetières dans les communautés autochtones et dans les villes et la recherche des tombes des prisonniers pendant la Première Guerre mondiale.

Mme Beaulieu a montré des images radar et a souligné les « signatures » de 200 sépultures probables. Les résultats définitifs proviendraient de l’examen médico-légal, a-t-elle déclaré.

La cheffe Rosanne Casimir de la nation Tk’emlúps te Secwépemc a déclaré qu’après tant d’années de silence et d’incrédulité, les membres de la communauté sont reconnaissants envers ceux qui effectuent les recherches afin de pouvoir vérifier par la science où se trouvent certains des enfants disparus.

La Première Nation a annoncé en mai que le radar à pénétration de sol avait identifié ce que l’on pense être les restes de 215 enfants dans des tombes anonymes.

Mme Casimir a appelé le premier ministre Justin Trudeau, le gouvernement fédéral et les Missionnaires Oblats catholiques de Marie-Immaculée à dévoiler les dossiers complets de fréquentation des écoliers de l’institution afin que la nation puisse s’acquitter de sa responsabilité d’identifier les enfants disparus et de les réunir avec leurs communautés d’origine.

Le Programme de soutien en santé pour la résolution des questions des pensionnats indiens a une ligne d’assistance téléphonique pour aider les survivants des pensionnats pour enfants autochtones et leurs proches souffrant de traumatismes provoqués par le rappel d’abus passés. Le numéro est le 1 866 925-4419.

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