Plus de 160 tombes anonymes découvertes en Colombie-Britannique

Plusieurs membres des communautés avoisinantes fréquentaient ce pensionnat, selon le chef Joan Brown.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Plusieurs membres des communautés avoisinantes fréquentaient ce pensionnat, selon le chef Joan Brown.

La Première Nation Penelakut, en Colombie-Britannique, a découvert plus de 160 tombes anonymes près de l’ancien pensionnat de l’île Kuper, au large de Vancouver. Ses représentants y voient une preuve supplémentaire du génocide subi par leur peuple.

Plusieurs membres des communautés avoisinantes fréquentaient ce pensionnat, selon le chef de la nation Penelakut, Joan Brown.

«Nous reconnaissons avec un énorme deuil et une énorme perte que plusieurs ne sont jamais retournés à la maison. Il est impossible de se remettre d’un génocide et de violations des droits de la personne», déclare-t-il dans un communiqué publié le 8 juillet. «La guérison est un processus continu, qui parfois se déroule bien, mais parfois nous perdons d’autres personnes parce que le poids est trop lourd.»

Selon la Commission de vérité et réconciliation, le pensionnat de l’île Kuper, ouvert en 1886 par l’Église Catholique, cache un passé trouble.

Les élèves y ont mis le feu à l’école en 1896 lorsque leurs vacances ont été annulées. Un sondage réalisé cette année-là a révélé que sur 264 anciens élèves, 107 étaient morts.

Dans un cas, un élève a été fouetté et mis en isolement pour avoir volé des pommes. Deux sœurs se sont noyées alors qu’elles tentaient de s’enfuir de l’école en 1959 et un autre élève s’est suicidé en 1966. En 1995, un ancien employé a plaidé coupable à trois chefs d’accusation d’attentat à la pudeur et d’outrage aux bonnes mœurs.

L’école a été fermée en 1975 par le gouvernement canadien.

«Nous sommes à un point dans le temps où nous devons faire face au traumatisme d’actes génocidaires. Chaque fois que nous le faisons, il est possible de guérir un peu plus. Le courage n’est pas l’absence de peur. Le courage est d’agir en dépit de la peur», ajoute Joan Brown.

Des centaines de tombes anonymes ont été mises au jour par différentes communautés autochtones à travers le Canada depuis le début de l’année

Les membres de la communauté ont prévu une marche pour ces enfants disparus le 2 août prochain, ainsi que des sessions de guérisons.

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