Le pensionnat autochtone de Marieval était administré par des religieuses québécoises

Ce sont les Sœurs de Saint-Joseph, une congrégation religieuse du Québec, qui ont notamment fait fonctionner le pensionnat autochtone de Marieval en Saskatchewan, où 751 sépultures non identifiées ont été découvertes dans les dernières semaines.

La Première Nation de Cowessess, dans le sud de la Saskatchewan, a annoncé jeudi avoir fait cette découverte après avoir sondé le sol autour de l’ancien pensionnat autochtone.

Ce pensionnat était géré par des missionnaires oblats de l’Église catholique, a indiqué en conférence de presse le chef de la communauté, Cadmus Delorme. Mais ce sont les Sœurs de Saint-Joseph, arrivées de Saint-Hyacinthe, qui ont administré le quotidien des élèves autochtones de 1901 à 1979, selon des archives du diocèse de Regina.

Cette congrégation religieuse existe toujours à Saint-Hyacinthe. Sur son site Internet, il est indiqué que, « cédant aux instances » de deux évêques, la communauté accepte d’y envoyer des membres en 1901.

Quatre sœurs fondatrices de cette mission catholique se rendent alors sur place. Ces sœurs ont aussi administré d’autres pensionnats dans la même province, notamment à Sturgeon Landing. Elles y décrivent plus longuement leur mission : « Il s’agit de sauver de la décroissance fatale une population nomade réduite à une grande misère, par suite de la diminution rapide de la chasse et de la pêche. »

Les Sœurs de Saint-Joseph n’avaient pas encore donné suite aux appels du Devoir au moment où ces lignes étaient écrites. Cette congrégation a été fondée en 1877 pour les écoles rurales, selon leurs informations publiées en ligne. Elle a eu des missions dans l’Ouest canadien, en Nouvelle-Angleterre, au Sénégal, au Tchad et en Haïti. La communauté de religieuses a aussi des adresses au Brésil et au Lesotho.

Plusieurs missions catholiques canadiennes-françaises ont contribué à tenir les pensionnats autochtones partout au Canada. Lionel Groulx en a fait l’apologie dans son livre paru en 1962, Le Canada français missionnaire.

La découverte des restes de 215 enfants près de l’ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique, a créé une onde de choc le mois dernier. Plusieurs groupes avaient alors demandé aux Sœurs de Sainte-Anne d’ouvrir immédiatement leurs archives, elles qui avaient été responsables en partie de l’endroit. Elles ont annoncé mercredi la conclusion d’une entente avec le Musée royal de la Colombie-Britannique pour l’accès aux archives.

En conférence de presse jeudi matin, le chef Cadmus Delorme a demandé au pape de s’excuser, une demande maintes fois répétée par des communautés autochtones. Les Oblats se sont excusés en 1991 pour leur rôle dans ce système, mais pas l’Église catholique. « Les excuses sont une étape du processus de guérison », a déclaré le chef Delorme.

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