Une fête nationale pas tout à fait déconfinée

Pour une deuxième année de suite, le défilé habituel de la Saint-Jean n’aura pas lieu sous sa forme traditionnelle. Mais jusqu’à jeudi soir, les Montréalais sont tout de même invités à se retrouver dans le Quartier des spectacles et à déambuler parmi des installations artistiques interactives dans un parcours baptisé le «Défilé inversé», où le public se déplace et où le défilé reste immobile.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Pour une deuxième année de suite, le défilé habituel de la Saint-Jean n’aura pas lieu sous sa forme traditionnelle. Mais jusqu’à jeudi soir, les Montréalais sont tout de même invités à se retrouver dans le Quartier des spectacles et à déambuler parmi des installations artistiques interactives dans un parcours baptisé le «Défilé inversé», où le public se déplace et où le défilé reste immobile.

Le défilé habituel de la fête nationale n’aura pas lieu sous sa forme traditionnelle jeudi prochain, mais les Montréalais sont tout de même invités à se retrouver au Quartier des spectacles. Un parcours parmi des installations artistiques interactives baptisé le « Défilé inversé » remplace cette initiative.

De dimanche à jeudi soir, les passants pourront ainsi « déambuler » parmi des œuvres tantôt visuelles, tantôt sonores qui « racontent notre identité », a souligné Louise Harel lors du lancement dimanche matin. Présidente du Comité de la fête nationale du Québec à Montréal, elle a tenu à préserver l’aspect joyeux de l’événement, malgré les restrictions sanitaires.

Le défilé avait également été annulé l’an dernier. Cette année, le spectacle festif intitulé « Québec tissé serré » sera à nouveau enregistré sans public et diffusé à la télévision en simultané sur plusieurs chaînes.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L'un des membres du SPSPEM a confronté un agent de sécurité lors de la manifestation organisée en marge de l'évènement

Ce n’est qu’au lendemain du 24 juin que les grands rassemblements extérieurs et les festivals avec des spectateurs seront permis à nouveau. La présidente générale de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Marie-Anne Alepin, n’a d’ailleurs pas manqué d’exprimer sa déception : « Malheureusement, la pandémie que nous traversons ne doit pas servir de prétexte. La fête nationale existe justement pour créer cette affirmation forte de notre sentiment d’appartenance », a-t-elle déclaré. La fête nationale ne devrait pas être considérée comme les autres spectacles, a ajouté Mme Alepin, car elle est « un vecteur de fierté et d’affirmation ».

« Tout en respectant les consignes sanitaires, il est enfin temps de se retrouver et de se rapprocher », a quant à elle invité la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau. Elle a ensuite louangé le caractère distinct de la société québécoise dans la plus grande ville francophone d’Amérique du Nord : « La langue qui nous unit doit rester vivante, doit rester vibrante », a-t-elle clamé.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Un parcours parmi des installations artistiques interactives baptisé le «Défilé inversé» est ouvert au public depuis dimanche, dans le Quartier des spectacles, à Montréal.

Le concepteur du Défilé inversé, Ghislain Turcotte, dit avoir travaillé « jour et nuit » depuis cinq mois pour arriver à mettre en place les installations. Il se trouve, entre autres créations, des bateaux faits de pages pliées de notre littérature sur lesquels on peut s’asseoir sur l’esplanade de la Place des Arts. Des portes monumentales destinées à susciter les conversations ont aussi été placées rue Sainte-Catherine, ainsi que des éléments défilant habituellement sur les chars allégoriques du défilé. « On a souhaité égayer la ville », a dit M. Turcotte.

Ailleurs à Montréal, plusieurs fêtes de quartier sont également annulées ou remplacées par des événements virtuels. Certains événements se sont aussi adaptés aux restrictions. Lachine accueillera par exemple Émile Bilodeau, qui circulera sur le boulevard Saint-Joseph à bord d’une scène éphémère.

Manifestation

Le lancement du Défilé inversé s’est déroulé sur fond de manifestation du Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal, qui est sans convention collective depuis 2017. Une centaine de personnes étaient sur place et ont hué les mentions de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui n’a pas pris la parole au micro. « L’expertise interne en déroute, la Ville fait fausse route », lisait-on sur l’une des pancartes.

Une centaine de nouveaux cas

Selon les données publiées dimanche par le ministère de la Santé, 102 nouveaux cas ont été identifiés au Québec depuis le précédent bilan. Il s’agit du plus faible nombre depuis le 25 août 2020. Deux nouveaux décès, mais aucun survenu au cours des dernières 24 heures, se sont ajoutés au bilan des victimes. On déplore dorénavant 11 191 morts liées à la COVID-19 depuis son apparition au Québec.

La Presse canadienne



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