Un guichet unique créé pour les pensionnats autochtones

Le ministre responsable des Affaires autochtones au Québec, Ian Lafrenière, a fait cette annonce samedi au cours d’une conférence de presse en compagnie des ministres fédéraux Marc Miller et Carolyn Bennett.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le ministre responsable des Affaires autochtones au Québec, Ian Lafrenière, a fait cette annonce samedi au cours d’une conférence de presse en compagnie des ministres fédéraux Marc Miller et Carolyn Bennett.

Un guichet unique sera mis sur pied pour offrir du soutien aux communautés autochtones qui désirent faire des recherches sur les pensionnats établis au Québec.
 

Un facilitateur a été nommé et entrera en poste dès lundi. Il servira comme seul point de contact avec les communautés. Il s’agit de Michel Martin, ex-chef de police au Nunavik.

Le ministre responsable des Affaires autochtones au Québec, Ian Lafrenière, en a fait l’annonce samedi au cours d’une conférence de presse en compagnie des ministres fédéraux Marc Miller et Carolyn Bennett.
 

« Je veux que les décisions soient prises par les communautés, a indiqué M. Lafrenière. Notre travail est de les soutenir. »
 

L’objectif du guichet unique est de faciliter l’accès aux ressources pour les communautés autochtones qui veulent se pencher sur les pensionnats en sol québécois.
 

« Que ce soit pour la recherche documentaire ou physique, la sécurisation des lieux ou la commémoration, on veut qu’il y ait une porte d’accès unique », a précisé le ministre Lafrenière.
 

Un cercle de consultation avec des aînés autochtones sera aussi mis en place. Il inclura notamment Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.
 

« Il faut reconnaître la vérité: les écoles résidentielles étaient une réalité, a affirmé M. Miller, le ministre fédéral des Services aux Autochtones. Aujourd’hui, nous devons être là pour les survivants. »
 

Les trois ministres étaient aussi accompagnés de chefs autochtones, qui ont livré leur témoignage et formulé leurs demandes aux gouvernements.
 

« Si on veut faire quelque chose de positif, il faut être à l’écoute des Premières Nations et du rythme des Premières Nations, a conseillé Clifford Moar, chef de la communauté innue de Mashteuiatsh. On ne peut pas leur demander d’être au même pied d’égalité pour entreprendre les démarches. »
 

On apprenait le mois dernier qu’un radar pénétrant avait détecté ce que l’on croit être les restes de 215 enfants dans un site de sépultures non marquées près d’un ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique. Les pensionnats pour Autochtones, parrainés par le gouvernement fédéral, mais gérés par des communautés religieuses, ont fonctionné au Canada pendant plus de 120 ans.
 

Le ministre Lafrenière a confirmé que certaines communautés autochtones québécoises avaient déjà exprimé leur désir d’entreprendre des recherches documentaires ou physiques.
 

Il a aussi été question de l’enjeu des archives détenues par l’Église catholique au Canada au sujet de ces pensionnats.
 

« Ce sont des archives qui sont à Winnipeg, mais elles ne sont pas complètes, a avancé Marc Miller. On ne sait pas l’étendue de la vérité, franchement. Il y a plusieurs ordres qui ont peut-être, ou pas, des archives. C’est une question qui pend encore au-dessus de nos têtes. »
 

Après avoir fait allusion à Joyce Echaquan, une femme autochtone décédée dans des circonstances troubles à l’hôpital de Joliette, M. Miller a réitéré l’importance de reconnaître les obstacles auxquels font face les Autochtones à l’heure actuelle.
 

« Il est inacceptable que les Premières Nations, les Inuits et les Métis continuent d’être victimes de racisme et de discrimination systémique lorsqu’ils tentent de recevoir les soins dont ils ont besoin, a-t-il avancé. C’est un legs colonial dont témoignent les pensionnats autochtones. Le racisme tue; le racisme systémique tue systématiquement. »

Même si aucun nouvel investissement ne faisait partie de l’annonce d’aujourd’hui, les ministres Miller et Lafrenière ont indiqué qu’une aide supplémentaire allait être prodiguée aux communautés autochtones dans le besoin.
 

« Je suis ravi de l’annonce qui a été faite, mais il faudra demander au leadership de chaque communauté comment on peut aider, a conclu l’aîné mohawk Kevin Deer, assis à la droite du ministre Lafrenière. Il faut ensuite écouter et offrir de l’aide. »

À voir en vidéo