Les Québécois appuient le couvre-feu, mais un tiers ne le croit pas efficace

Parmi les Québécois interrogés, ils ne sont que 57% à croire que la mesure va diminuer la propagation de la maladie, tandis que 32% estiment que le couvre-feu ne produira pas l’effet désiré.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Parmi les Québécois interrogés, ils ne sont que 57% à croire que la mesure va diminuer la propagation de la maladie, tandis que 32% estiment que le couvre-feu ne produira pas l’effet désiré.

Enfermés chez eux toutes les nuits depuis 10 jours, les Québécois, par une forte majorité, appuient l’imposition du couvre-feu. Cependant, un tiers d’entre eux ne croit pas que cette mesure diminuera le nombre de cas de COVID-19.

Un sondage effectué conjointement par la firme Léger et l’Association d’études canadiennes, entre jeudi soir et dimanche, relève que 74 % des Québécois interrogés sont d’accord avec le couvre-feu. Seulement 19 % s’y opposent.

Pourtant, ils ne sont que 57 % à croire que la mesure va diminuer la propagation de la maladie, tandis que 32 % estiment que le couvre-feu ne produira pas l’effet désiré.

Christian Bourque, de la firme Léger, n’est pas surpris par les 74 % d’appui au couvre-feu. « Depuis le début, peu importe la mesure annoncée par le gouvernement (du Québec), il y a toujours à peu près, ou sinon plus que, les trois quarts des Québécois qui sont en accord avec la mesure », fait-il remarquer.

Pour ce qui est de la plus faible majorité qui croit en l’efficacité du couvre-feu, « il reste des gens à convaincre », note M. Bourque, en particulier les plus jeunes, les 18-34 ans.

« C’est la seule voix qui est un peu discordante dans tout ce qui a trait au couvre-feu », selon le sondeur. Dans ce groupe d’âge, ils sont 55 % à appuyer la mesure et 33 % à s’y opposer.

L’explication de cette réaction au couvre-feu peut se lire dans les réponses à une autre question du sondage : le couvre-feu a-t-il eu un impact sur votre vie quotidienne ?

Seulement 26 % répondent oui. Toutefois, chez le groupe des 18 à 34 ans, c’est plutôt 45 % qui rapportent des répercussions sur leur vie de tous les jours.

« Donc, autrement dit, si on veut limiter les contacts chez une clientèle qui est plus difficile depuis le début de la pandémie au niveau du respect des mesures, [un] plus [grand nombre] d’entre eux disent “le couvre-feu a changé ma vie”. Ça démontre […] que la mesure est probablement efficace », conclut le sondeur.

Le Québec est la seule province à avoir imposé un couvre-feu pour contrôler la pandémie.

Hors Québec, on enregistre un appui de 65 % pour un éventuel couvre-feu. Mais là aussi, on croit plus ou moins à son efficacité. Ces Canadiens sont 39 % à croire que pareille mesure réduirait le nombre de cas de COVID-19 dans leur communauté et 41 % à estimer que le couvre-feu n’aurait pas cet effet.

Le sondage a été fait auprès de 1516 Canadiens, dont 407 Québécois. Ce sondage, comme ceux qui l’ont précédé, a été effectué en ligne et, sans un échantillon probabiliste, il est impossible de lui calculer une marge d’erreur.

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