Le nombre d’itinérants atteints de la COVID-19 en hausse à Montréal

La hausse du nombre de sans-abri atteints de la COVID-19 n’est pas étonnante dans la mesure où il y a une importante transmission communautaire dans la population en général partout au Québec.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir La hausse du nombre de sans-abri atteints de la COVID-19 n’est pas étonnante dans la mesure où il y a une importante transmission communautaire dans la population en général partout au Québec.

Le nombre d’itinérants atteints de la COVID-19 ayant augmenté dans la métropole, les autorités s’apprêtent à agrandir la zone dédiée à cette clientèle dans l’ancien hôpital Royal-Victoria.

Réaménagé pour accueillir les sans-abri, l’ancien hôpital disposait de 25 à 28 places pour les itinérants infectés par le coronavirus qui doivent se mettre en quarantaine. Sauf que cette section est presque à pleine capacité. « Jusqu’au 20 décembre, on avait cinq ou même jusqu’à huit personnes à la fois, mais rendu à Noël, il y en avait 25 », a indiqué au Devoir Samuel Watts, président-directeur général de la Mission Bon Accueil qui gère aussi le refuge de l’Hôtel Place Dupuis.

Des sans-abri ont déjà été transférés dans les hôpitaux, « mais ce n’est pas vraiment idéal », admet M. Watts. Les autorités entendent donc agrandir la section réservée aux cas positifs de COVID dans l’ancien hôpital afin d’être en mesure d’accueillir une centaine de personnes. « J’espère qu’il n’y en aura pas autant, mais il faut se préparer », convient Samuel Watts.

Les autres itinérants qui ne sont pas atteints de COVID-19 — l’ancien hôpital Royal-Victoria disposait d’environ 125 places au total — devront être hébergés ailleurs, vraisemblablement dans un hôtel inoccupé. L’opération s’avère toutefois délicate. « Ce sont tous des cas individuels. Il y a des gens qui ont des enjeux de mobilité, des problèmes médicaux ou des problèmes de comportement », souligne Samuel Watts.

La hausse du nombre de sans-abri atteints de la COVID-19 n’est pas étonnante dans la mesure où il y a une importante transmission communautaire dans la population en général partout au Québec, note le p.-d.g. de la Mission Bon Accueil. Les décès liés au coronavirus chez les sans-abri sont cependant peu nombreux depuis le début de la pandémie.

En parallèle, les autorités du refuge souhaitent trouver des logements permanents pour plusieurs des itinérants d’ici le printemps. La fatigue est toutefois grande chez les employés, selon M. Watts. « On a doublé nos effectifs depuis le début de la pandémie, mais notre personnel devient de plus en plus épuisé. Ce n’est pas facile. On parle souvent des travailleurs de première ligne dans les hôpitaux, mais c’est aussi le cas pour ceux qui travaillent auprès des gens dans le besoin. »

Mardi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a indiqué avoir discuté du sujet avec le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant. Il a soutenu que les mesures nécessaires seraient mises en place pour loger les sans-abri. « Je ne pense pas qu’il y ait d’enjeux financiers », a-t-il dit.

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