Malgré la pandémie, huit avancées pour nos sociétés

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La crise sanitaire a aussi accéléré des changements au sein de nos sociétés que plusieurs espèrent permanents.

L’année 2020 aura été celle de bien des malheurs. Mais la crise sanitaire a aussi accéléré des changements au sein de nos sociétés que plusieurs espèrent permanents. Survol.

 

Grandeurs et misères du télétravail

Des réunions virtuelles chaotiques où chacun demande aux autres s’ils l’entendent, jusqu’à ce que personne n’entende plus rien. Des micros qui restent ouverts et qui créent un mur de son indistinct nourri de « tac-tac-tac-tac », pianotage frénétique sur un clavier. À chaque bureau ses exemples, mais le recours au télétravail a nourri bien des scènes cocasses — ou agaçantes — tout au long de 2020.

Au chapitre des révélations de l’année, le télétravail s’inscrit en tête de liste. Avant la pandémie, les données de Statistique Canada évaluaient à environ 11 % la proportion d’employés qui effectuaient du travail à domicile. Depuis, le changement a été aussi brutal que spectaculaire : en mai dernier, près de 40 % des travailleurs québécois faisaient du télétravail. Et plusieurs risquent de continuer après la pandémie.

Pour le Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre, une instance patronale-syndicale qui conseille le gouvernement, il n’y a plus « aucun doute : le télétravail est là durablement », indiquait-il dans un rapport remis en octobre au ministre du Travail, Jean Boulet.

En entretien avec Le Devoir, ce dernier disait, dans les derniers jours, qu’il est lui-même convaincu que le changement opéré en 2020 va perdurer… mais à des degrés variables. Ainsi, quand la crise sanitaire n’imposera plus un recours aussi large au télétravail, Jean Boulet promet d’être « un plaideur de la formule hybride : un certain nombre de jours en télétravail, et d’autres en présence. Je pense que ce sera bénéfique pour les apprentissages, l’évaluation du personnel… ».

Les lois qui encadrent le travail sont, à son avis, déjà bien adaptées au télétravail. Mais il réitère que chaque secteur d’activité devra baliser son recours au télétravail « pour que les droits des deux côtés soient bien déterminés ».

Des pour, des contre

Le Comité consultatif soulignait dans son rapport que déjà quatre emplois sur dix peuvent être effectués à domicile dans des conditions normales. Et que près d’un travailleur sur deux se dit prêt à abandonner pour toujours sa place au bureau si on lui en donne le choix après la pandémie.

Pour les employés, le télétravail ne manque pas d’attraits. Le temps de transport aboli. Le légendaire « confort de son foyer » comme cadre de travail. La conciliation travail-famille, longtemps rêvée, maintenant incarnée. La flexibilité de l’horaire de travail.

 
Photo: Loic Venance Agence France-Presse Au chapitre des révélations de l’année, le télétravail s’inscrit en tête de liste.

Les employeurs y trouvent aussi leur compte, notait le Comité : diminution des retards et de l’absentéisme, capacité d’embaucher des gens qualifiés, mais géographiquement éloignés, réduction des dépenses, etc..

Fort bien… mais le portrait n’est pas idyllique pour autant. Et les problèmes ne manquent pas : intensification du travail ; risque d’hyperconnectivité ; difficultés de communication et de gestion ; empiétement de la vie professionnelle sur la vie personnelle (les femmes paient davantage le prix de la double charge) ; risques en matière de sécurité informatique.

Le plus important d’entre eux, selon plusieurs : l’isolement social. Parce que derrière les discussions de machine à café, il y a cela : des êtres humains rassemblés dans un même lieu. Et nul besoin de dire : « Est-ce qu’on m’entend ? »

Guillaume Bourgault-Côté

 

La télémédecine s’impose

La télémédecine a la cote depuis longtemps au Québec, mais avant 2020, elle tenait davantage de l’ambition que de la réalité. Voilà qu’avec l’arrivée de la pandémie, elle s’est imposée comme la solution à bien des maux.

Par télémédecine, on entend à la fois les consultations téléphoniques et les rencontres sur les plateformes de visioconférence. De mars à juillet, pas moins de 1,5 million de Québécois ont ainsi pu voir ou parler à un médecin, selon la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

Les patients saluent la rapidité des réponses et l’efficacité de l’approche. Ils se sentent parfois plus à l’aise de s’exprimer dans le confort de leur maison. Pour ceux qui n’ont pas de médecin de famille, le service à distance de Bonjour-santé a souvent été providentiel.

Les médecins, eux, y voient des gains pérennes. « En neuf mois, on a fait des avancées qu’on n’aurait pas crues possibles sur cinq ans il n’y a pas si longtemps que ça, avance la vice-présidente du Collège des médecins, Nathalie Saad. C’est inévitable que ces changements-là demeurent. »

Contrairement à la plupart de ses collègues, Mme Saad pratiquait déjà la télémédecine avant la pandémie. Mais les conditions étaient tout autres, précise la pneumologue. « Il fallait de toute façon que les patients se déplacent dans un établissement de santé pour que la consultation soit possible, parce que le seul système sécurisé qu’on avait était une grosse structure très compliquée. Il n’y avait pas de plateformes comme Teams ou Télésanté. »

Prochaine étape, le fax

Certains types de soins se prêtent mieux à la télémédecine que d’autres, souligne toutefois la Dre Saad. Cela convient bien avec des patients que les médecins connaissent déjà, et pour les suivis en général. Cependant, pour un nouveau patient, l’examen physique en personne reste essentiel, ne serait-ce que pour des raisons déontologiques, précise-t-elle. « Ça dépend des situations et des patients. »

Même pour les problèmes de santé complexes, l’approche se révèle très utile. « J’ai rejoint plusieurs centaines de patients par la télémédecine », explique l’interniste Claude Garceau dans une vidéo produite par l’Institut universitaire de cardiologie et depneumologie de Québec. « Pour les patients qui étaient loin, c’était parfait. Pour les patients qui avaient peur de se faire contaminer en se présentant à l’hôpital, c’était parfait. J’y crois beaucoup, parce que je n’ai pas besoin d’examen physique pour 95 % des patients. »

Le médecin raconte avoir pu réunir de cette façon les enfants d’une patiente lors d’une consultation, alors que ceux-ci se trouvaient aux quatre coins du Québec, et certains même à l’étranger.

La vice-présidente du Collège rappelle par ailleurs que les patients n’ont pas tous les mêmes ressources informatiques, certains n’ayant même pas accès à Internet haute vitesse. Au Québec, environ 240 000 foyers en étaient privés en 2019, selon la Fédération québécoise des municipalités.

Au-delà de l’accès aux patients, il faudrait aussi que l’accessibilité à leurs dossiers soit meilleure, dit-elle. « Pour les demandes de prescription, on en est encore au fax, ne l’oublions pas. »

Isabelle Porter

 

Un début d’élan vers un monde plus durable

L’année qui se termine devait culminer avec un important sommet de l’ONU sur le climat, la COP26, au cours duquel les États devaient promettre d’en faire beaucoup plus pour lutter contre la crise climatique. La pandémie a cependant forcé le report de l’événement, et certains ont craint que l’enjeu du climat soit relégué très loin dans les préoccupations des gouvernements, en raison de la crise sanitaire.

Or, plusieurs voix se sont élevées rapidement pour souligner que ce temps d’arrêt forcé était aussi l’occasion de repartir enfin sur de nouvelles bases, plus durables d’un point de vue environnemental. Fatih Birol, qui dirige l’Agence internationale de l’énergie, a ainsi appelé les décideurs politiques à mettre les projets de production d’« énergie propre » au cœur des plans de relance, en insistant sur le besoin d’« accélérer » la transition. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé un appel similaire, en rappelant les impacts dévastateurs que le réchauffement risque d’avoir pour toute l’humanité.

 
Photo: European Space Agency via Agence France-Presse Si tous ces pays atteignent leur cible, il serait possible de limiter le réchauffement à 2,1 °C d’ici 2100.

Ces appels à une relance plus verte ont été entendus par plusieurs pays, qui se sont finalement engagés en 2020 à accélérer leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet au cours des prochaines années, de façon à viser la « carboneutralité » d’ici 2050. Au total, pas moins de 127 pays représentant 63 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre étudient cette option. La Chine et les États-Unis, de loin les plus gros émetteurs dans le monde, ont pris des engagements en ce sens. Même chose pour le Canada, un pays qui possède les troisièmes réserves mondiales de pétrole et qui est le quatrième producteur mondial de gaz naturel.

Si tous ces pays atteignent leur cible, il serait possible de limiter le réchauffement à 2,1 °C d’ici 2100, selon le scénario le plus optimiste de l’analyse scientifique de Climate Action Tracker. Cela nous rapprocherait sérieusement du respect de l’Accord de Paris.

Il reste à voir si les milliards de dollars qui seront consacrés à la relance de l’économie au sortir de la crise iront dans le sens de ces engagements. Mais le nouveau président américain, Joe Biden, a déjà donné un signal fort en promettant 2000 milliards de dollars pour le climat au cours des quatre prochaines années. Le gouvernement Trudeau a également annoncé, malgré la crise, des investissements de 15 milliards de dollars afin de lier la relance à la lutte contre la crise climatique.

« Contrairement à la COVID-19, il n’y a pas de vaccin contre le réchauffement climatique. Mais il y a un remède, qui est la mise en œuvre intégrale de l’Accord de Paris », disait récemment Laurent Fabius, qui avait présidé la conférence de l’ONU qui a mené à l’adoption de cet accord climatique, en 2015. Cinq ans plus tard, les signaux envoyés cette année semblent enfin aller dans la bonne direction, à condition de poursuivre la marche dans le sens des progrès annoncés au cours des derniers mois.

Alexandre Shields

 

Moins de gastros, de rhumes et de poux

Garder son enfant 24 heures à la maison au moindre symptôme. Les parents ont eu la vie dure cet automne. Mais ils peuvent se consoler en se disant que, grâce à cela, ils ont peut-être évité une série de vilains rhumes ou un festival de gastro familiale.

Selon la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, les écoles ont enregistré une « bonne diminution » des cas de rhume et de gastro-entérite cette année. Même constat à l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), qui note aussi un nombre moins élevé d’éclosions de poux.

Mis à part la COVID-19, très peu de virus circulent actuellement au Québec, confirme Hugues Charest, microbiologiste au Laboratoire de santé publique du Québec. « Il ne se passe rien ! », dit-il.

Pas de grippe ni de virus respiratoire syncytial. Seuls quelques cas d’adénovirus et d’entérovirus — des virus qui sont habituellement associés aux rhumes — ont été détectés, selon Hugues Charest. « À ce jour, j’ai juste vu une éclosion de gastro-entérite », ajoute-t-il.

Cette situation s’explique par les mesures sanitaires en vigueur, comme le lavage des mains fréquent, croit la Dre Caroline Quach-Thanh, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Sainte-Justine.

« Il y a des années où les parents se disent “il est un peu malade, mais je vais l’envoyer quand même à l’école ou au CPE” », dit la Dre Caroline Quach-Thanh. Impossible maintenant.

La directrice générale de l’AQCPE, Geneviève Bélisle, croit que l’équipement de protection individuelle a « vraiment aidé » durant la pandémie. « Va-t-on garder le réflexe de porter le masque quand il y aura des périodes de petite épidémie de gastro ou autre ? Ce sont des questions qu’on se pose actuellement. »

Marie-Eve Cousineau

 

Préposé, un métier valorisé et mieux payé

Enseignant dans un cégep, Pierre-Luc L.-Boulet est allé prêter main-forte au personnel d’un CHSLD de Québec en avril. « J’ai été embauché comme éducateur, mais j’ai fait des tâches de préposé. » Cet automne, il a repris le travail comme enseignant. Cependant, les liens tissés avec l’établissement de soins subsistent. « J’ai annoncé presque six fois mon départ, mais j’ai été incapable de partir. J’ai repris ma session au cégep, et je vais faire au minimum trois heures toutes les semaines depuis… Je les aime trop ! »

Tout en favorisant une prise de conscience sans précédent, le drame des CHSLD survenu au printemps a créé de nouveaux liens entre les établissements et l’extérieur.

En plus des volontaires comme Pierre-Luc, 9800 Québécois ont participé au programme gouvernemental de formation de préposés, dont 7000 sont toujours en poste.

Naguère considéré par plusieurs comme un choix professionnel de dernier recours, le travail de préposé aux bénéficiaires est aujourd’hui une vocation pour bien des gens mus par la volonté d’être utile. Ces derniers sont devenus des « anges gardiens », pour reprendre la formule consacrée.

 
Le travail de préposé aux bénéficiaires est aujourd’hui une vocation pour bien des gens mus par la volonté d’être utile.

Au-delà de l’image, les conditions de travail aussi ont progressé. La formation vendue par le gouvernement venait avec une promesse de 26 $ l’heure pour les nouveaux. Quant à ceux qui étaient déjà en poste, leur tâche s’est trouvée allégée par l’arrivée des renforts. Reste maintenant à savoir ce qui subsistera de ses bonifications, puisqu’une partie du salaire horaire de 26 $ se compose des primes liées à la COVID-19.

Le gouvernement et les syndicats sont en pleine négociation à ce sujet. « Je vois mal comment le gouvernement pourrait revenir là-dessus, avec toutes les annonces qui ont été faites », plaide le syndicaliste Jeff Begley, de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Le syndicat tient à ce que les primes soient converties en ajout de salaire. « Le problème avec les primes, c’est que ça ne compte pas pour les fonds de pension et plein d’autres choses. »

La reconnaissance des préposés doit aussi se traduire à un autre niveau, selon lui. « Il faut les intégrer à l’équipe soignante. Il faut qu’ils puissent soumettre leurs observations aux infirmiers et aux médecins, et recevoir des conseils sur les médicaments et le reste », fait-il valoir, en soulignant qu’il y aura alors encore plus de fierté à exercer ce métier.

Isabelle Porter

 

Le réflexe d’acheter québécois

L’année 2020 a donné lieu à une pluie d’initiatives pour encourager l’achat local. Des municipalités ont financé des rabais sur les produits régionaux. De nouveaux calendriers de l’avent consacrés aux produits québécois sont apparus. À Lac-Mégantic, des commerçants ont même posé nus pour encourager les gens à acheter local !

Le gouvernement aussi a fait sa part en lançant, en avril, le catalogue en ligne Le Panier bleu. « Si chaque Québécois consomme pour 5 $ de plus par semaine en produits locaux, cela pourrait représenter 1 milliard de dollars supplémentaires injectés dans l’économie québécoise, avait alors plaidé le ministre Pierre Fitzgibbon. À ce jour, le site affiche 2 millions de produits vendus par des commerçants québécois, et la plateforme a été consultée par 215 000 visiteurs.

Quel effet concret cela a-t-il eu sur l’économie ? On l’ignore pour l’instant, mais il est vraisemblablement plus modeste qu’on aurait pu le souhaiter. Selon un sondage Léger rendu public en octobre, 90 % des gens souhaitent privilégier les achats locaux… à condition que l’écart de prix avec les produits étrangers ne dépasse pas 5 %. On est donc encore loin du 5 $ par semaine visé par le ministre de l’Économie, mais l’attention à cette question pourrait persister.

Isabelle Porter

 

Tout le monde dehors !

Le confinement a eu raison des réticences de milliers de Québécois face aux sports extérieurs et au plein air. À l’arrivée du printemps, les boutiques de vélo croulaient sous les commandes et les demandes de réparation. Terrifiés à l’idée de se tourner les doigts durant l’été, les gens se sont ensuite rués vers les parcs nationaux.

Du jamais vu pour la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq). En juin, les 141 000 cartes d’accès à rabais de la Sépaq se sont envolées en 72 heures, relate son porte-parole, Simon Boivin. « Il est clair qu’on a eu un achalandage exceptionnel. Tout le monde l’a vu sur le terrain », explique-t-il. Même les parcs plus éloignés, notamment sur la Côte-Nord, ont fait l’objet d’une affluence record, forçant l’ajout de places de stationnement pour les visiteurs, raconte-t-il.

 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les magasins vendant des équipements de ski et de raquettes n’ont pas suffi à la demande cet automne.

Et ce sera vraisemblablement la même chose cet hiver. Les magasins vendant des équipements de ski et de raquettes n’ont pas suffi à la demande cet automne. Et avec l’arrivée de la neige, la Sépaq s’attend, de nouveau, à un fort achalandage.

Que restera-t-il de tout cela une fois le virus parti ? On verra, rétorque Simon Boivin. « Ce qui est certain, c’est que beaucoup de gens sont venus, et la satisfaction était au rendez-vous. J’ai l’impression que les gens ont découvert que leur cour arrière peut être aussi bien que ce qu’on va chercher ailleurs. Il est possible que ça ait un effet bénéfique avec le temps. »

Isabelle Porter

 

Modernisation attendue du système de justice

Un peu comme pour la télémédecine, la pandémie a forcé le monde judiciaire à procéder à une réforme attendue depuis belle lurette. Impensable il y a encore quelques mois, la visioconférence des audiences est désormais monnaie courante dans les palais de justice. D’autres pratiques se sont aussi développées, comme la signature électronique et la transmission électroniques de documents, le greffe numérique de la Cour d’appel du Québec et le Greffe numérique judiciaire du Québec.

« La justice au Québec ne redeviendra plus à ce qu’elle était. Ce virage technologique n’est pas terminé, mais il est sérieusement entamé en raison de la nécessité que cette crise a créée », déclarait la ministre de la Justice, Sonia LeBel, lors de la réouverture des palais de justice, à la fin mai. À l’époque, on espérait même que la technologie permette d’accélérer le rattrapage du retard accumulé.

Sept mois plus tard, le ministère ne dispose pas de statistiques à ce sujet, mais le monde judiciaire semble être résolument passé à une autre étape. « Il y a eu énormément de progrès », note Me Michel Lebrun, président de l’Association québécoise des avocats et des avocates de la défense (AQAAD). « Ce qui était l’exception est devenu la règle. »

Selon lui, le recours à la télédiffusion va demeurer, mais sur une base volontaire. On pourra désormais offrir à des avocats ou à leurs clients d’intervenir à distance, surtout lorsqu’ils résident loin du palais de justice.

Cela est surtout utile pour les audiences qui « ne sont pas contestées » ou qui ne font pas l’objet de débat entre avocats, telles que les comparutions et l’enregistrement des plaidoyers de culpabilité, explique-t-il.

Toutefois, la télédiffusion a ses limites lorsqu’il faut établir la crédibilité d’un témoin, par exemple. « Il y a pas mal un consensus sur le fait que la technologie présente des obstacles qui n’ont pas été corrigés », précise l’avocat, qui pratique à Trois-Rivières. « La production de documents peut aussi être plus laborieuse à distance, notamment dans des procès pour fraude », ajoute-t-il.

Au-delà de cela, la pandémie a donné lieu à une très bonne collaboration avec les juges coordonnateurs et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), note-t-il. « On s’est beaucoup parlé, les trois ; on a eu beaucoup de conférences téléphoniques. Beaucoup de choses se sont ainsi passées en visioconférence, ce qui a enlevé de la pression en réduisant le nombre de personnes dans les palais de justice et a permis à ceux qui avaient besoin d’être présents d’y être. »

Isabelle Porter

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