Une escouade du SPVM s’attaquera au trafic d’armes à feu

Le chef du SPVM, Sylvain Caron
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir Le chef du SPVM, Sylvain Caron

À la suite des nombreux incidents violents impliquant des armes à feu survenus dans les derniers mois, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a mis sur pied une nouvelle escouade dédiée à la lutte contre le trafic d’armes dans la métropole.

L’équipe, surnommée ELTA, sera composée, à terme, d’une quarantaine de personnes et aura pour mission d’approfondir les enquêtes sur le trafic d’armes et de mettre en échec les têtes dirigeantes de ces réseaux, ont annoncé jeudi la mairesse Valérie Plante et le directeur du SPVM, Sylvain Caron. Le déploiement débutera à la fin de janvier avec une vingtaine de policiers. Cette escouade sera financée à même le budget du SPVM et devrait coûter entre 2,5 et 3 millions par année.

Les incidents du genre se sont multipliés depuis le mois de juin. Quatre fusillades étaient survenues le même soir en novembre dernier à Rivière-des-Prairies et à Montréal-Nord. Le SPVM avait alors annoncé qu’il accroîtrait sa présence dans ces secteurs.

Au début de décembre, un homme avait aussi été blessé par des projectiles d’armes à feu à Montréal-Nord.

Le SPVM avait déjà mis sur pied l’équipe Quiétude à la fin de 2019 pour s’attaquer au dossier, mais le directeur du SPVM, Sylvain Caron, estime que la nouvelle escouade ELTA pourra aller plus loin dans les enquêtes et s’attaquer à l’approvisionnement. « L’équipe qui sera mise en place va nous permettre d’être en amont des événements criminels impliquant des armes à feu », a-t-il dit.

Depuis la création de Quiétude, 153 informations ont été traitées. Elles ont conduit à 103 arrestations et 83 perquisitions. Ces opérations ont permis la saisie de 44 armes à feu, en majorité illégales.

Délation à Noël

Les policiers pourraient intervenir dans les domiciles en cas de rassemblements illégaux pendant les Fêtes. Un Montréalais qui verrait des visiteurs entrer chez un voisin pourra appeler la police, a indiqué la mairesse Plante. « Je pense que c’est la chose à faire, mais en même temps, il faut comprendre que la SPVM agit aussi en ordre de priorité d’appels. Ce n’est pas ce qui va garantir que d’un coup, il y a un policier qui va débarquer à la maison », a-t-elle dit avant d’insister sur l’importance de suivre les consignes sanitaires.

« Le nombre de cas ne cesse d’augmenter à Montréal. On a vécu la première vague et on sait ce que ç’a donné : 1500 personnes décédées de la COVID », a-t-elle rappelé. « La meilleure façon de passer à travers cette deuxième vague, c’est vraiment de suivre les consignes. Il y a un vaccin qui va être administré éventuellement. On fera le party l’année prochaine. »

De son côté, Sylvain Caron a soutenu que les policiers seront en nombre suffisant durant le congé. « C’est sûr qu’avec les nouvelles mesures en place, on s’attend à ce que ce soit un peu plus calme que les années passées, a-t-il dit. On compte sur le bon jugement des citoyens pour nous aider. On veut tous passer à autre chose. »

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