L’état d’urgence est déclaré en Alberta

Le gouvernement de Jason Kenney a ainsi annoncé une série de mesures valables pour au moins trois semaines afin d'endiguer la propagation de la maladie.
Photo: Jeff McIntosh La Presse canadienne Le gouvernement de Jason Kenney a ainsi annoncé une série de mesures valables pour au moins trois semaines afin d'endiguer la propagation de la maladie.

L’Alberta a déclaré l’état d’urgence, mardi, afin de préserver les services hospitaliers de la province menacés par une flambée de cas d’infection à la COVID-19 inégalée au Canada.

La province de l’Ouest est passée en première position avec le plus grand nombre de cas actifs de coronavirus, soit 13 166. Dans les 24  heures, l’Alberta a répertorié 1119 nouveaux cas, soit un nombre total de 13 349 cas actifs. La province a enregistré, aujourd’hui, 16 nouveaux décès et en compte 492 au total liés à la COVID-19.

« Les rassemblements chez les particuliers sont le plus gros problème. Cela doit s’arrêter », a déclaré le premier ministre Jason Kenney en conférence de presse.

Le gouvernement albertain a annoncé une série de mesures valables pour trois semaines pour réduire la propagation de la maladie. Ainsi, les rassemblements intérieurs ne sont plus autorisés, et ce, quel que soit le lieu, y compris sur les lieux de travail. Le télétravail doit désormais être favorisé. Les salles de réception, les centres de congrès et les salles de spectacles seront fermés.

Le port du masque obligatoire prend effet immédiatement à Edmonton, à Calgary et dans les environs. Les restrictions se resserrent, mais toujours pas de confinement.

Le premier ministre Kenney a ajouté en point de presse que les élèves du secondaire (de la 7e à la 12e année) allaient suivre leurs cours à distance de la maison dès la semaine prochaine et que le congé des Fêtes serait prolongé du 18 décembre au 11 janvier.

Pour le reste de l’année scolaire, les examens seront facultatifs. Les élèves et leurs familles pourront choisir de les passer, ou bien de bénéficier d’une dispense pour les sessions d’avril, de juin et d’août 2021.

Les Lieux de culte verront leur fréquentation limitée, à seulement un tiers par service religieux. 

Les chefs religieux, eux, sont encouragés à prêcher en ligne. Les réunions des groupes confessionnels peuvent se poursuivre en personne, mais devront maintenir une distance physique adéquate, tout en respectant les mesures sanitaires. La distanciation physique dans les maisons et le port du masque sont aussi dorénavant obligatoires.

Le non-respect de ces nouvelles mesures entraînera des amendes, pouvant aller de 1000 jusqu’à 100 000 dollars.

Entreprises et services

À partir du 27 novembre, les entreprises et les services seront assujettis à des restrictions bien précises. Les bars et restaurants continueront de fermer à 23 h, mais devront cesser de servir de l’alcool dès 22 h. Les entreprises qui pourront rester ouvertes verront leur capacité réduite de 25 %, principalement les commerces au détail, comme les épiceries ou les pharmacies. Idem pour les cinémas, les bibliothèques, les musées, les casinos et les centres de remise en forme. Ces derniers ne pourront proposer que des entraînements individuels.

Les coiffeurs, les hôtels ou les centres de beauté ne pourront fonctionner que sur rendez-vous. Toutes ces mesures seront maintenues pour trois semaines et seront prolongées, le cas échéant.

Les Albertains sont encouragés à se déplacer le moins possible, à acheter local et à utiliser la collecte et la livraison en bordure de trottoir ainsi que les services en ligne.

Des mesures suffisantes ?

Rappelons qu’il y a deux semaines, un groupe de 79 médecins avait écrit une lettre au premier ministre, le priant d’établir un confinement total de deux semaines, pour aplanir la courbe de la pandémie.

Noël Gibney, professeur émérite à l’Université de l’Alberta, avait déclaré à la suite de la première annonce, que ces restrictions ne seraient pas suffisantes. D’autres le pensent aussi, notamment Daniel Cournoyer, directeur de la Cité francophone, à Edmonton : « C’était prévu qu’avec les demi-mesures prises il y a deux semaines, on soit rendus là où on en est rendus aujourd’hui », déclare-t-il.

Lundi, Naheed Nenshi, le maire de Calgary, lui, faisait appel au gouvernement provincial pour prendre des « mesures courageuses » pour enrayer la propagation de la COVID-19.

Dans les pages du Edmonton journal, un nouveau sondage révélait aujourd’hui que plus de 60 % des Albertains étaient en faveur d’un confinement total. Certains voient dans ces nouvelles mesures une absence de leadership. « L’économie ne peut pas être en santé sans un peuple qui est en santé », ponctue le directeur de la Cité francophone, à Edmonton.

Avec La Presse canadienne

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