Quelle est la relation entre l’attachement à sa maison et la santé mentale?

Un résident du quartier Parc-Extension de Montréal sur son balcon, cet été. 
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Un résident du quartier Parc-Extension de Montréal sur son balcon, cet été. 

Vous êtes certainement nombreux à avoir une relation amour / haine avec votre domicile depuis le mois de mars. En l’espace de quelques jours, ses quatre murs se sont transformés en un bureau, et ils ont cessé de voir défiler les amis et la famille. Encore cet automne, les restrictions sur les rassemblements limitent la socialisation à la maison, et une grande proportion de Québécois sont toujours en télétravail. Conséquemment, le moral de tout un chacun écope en ces temps de confinement.

Quelle est la relation entre l’attachement à sa maison et la santé mentale ? Des psychologues américains se sont posé cette question. Pour y répondre, ils ont interrogé, à l’aide d’un questionnaire, environ 300 de leurs compatriotes lors de la première vague de la pandémie. Pour évaluer l’attachement de ceux-ci à leur domicile, ils leur ont demandé de se prononcer sur des affirmations comme « ma maison reflète le type de personne que je suis », « c’est à la maison que je me sens le plus joyeux » et « ma maison est l’endroit où je fais les choses que j’aime le plus ». La santé mentale des participants a quant à elle été estimée avec des tests standards également fondés sur des questionnaires.

Les résultats des psychologues Benjamin R. Meagher et Alyssa D. Cheadle, publiés la semaine dernière dans le Journal of Environmental Psychology, font état d’une « relation claire » entre l’attachement à la maison et la santé mentale. Les personnes qui se sentent bien chez elles ont moins de chances de souffrir de symptômes de dépression, d’anxiété et de stress. Par ailleurs, les personnes qui étaient attachées à leur demeure au début du confinement étaient moins susceptibles de voir leur santé mentale se détériorer quelques semaines plus tard. Enfin, les psychologues notent que la relation entre une personne et sa maison dépend de certains traits de personnalité. Les personnes consciencieuses et celles faisant preuve d’amabilité sont davantage attachées à leur domicile, et, par effet domino, moins affectées par les ennuis psychologiques occasionnés par le confinement.

« À une époque où les individus sont limités en matière d’accès au travail, aux loisirs, à l’éducation et aux lieux publics, le domicile d’une personne jouera nécessairement un rôle particulièrement important dans la vie quotidienne et le bien-être mental qui en découle », écrivent les chercheurs. Ils soulignent toutefois que les personnes qui ressentent déjà un certain bien-être sont plus susceptibles de disposer d’une demeure à laquelle elles sont attachées. La relation de causalité est donc difficile à établir pour l’instant.