Gilbert Rozon clame de nouveau son innocence

Gilbert Rozon persiste à clamer son innocence et martèle qu’il n’est pas l’agresseur sexuel qu’a tenté de dépeindre la plaignante à son procès pour viol et attentat à la pudeur.

« Ce n’est pas arrivé. Je ne l’ai [...] agressée d’aucune manière », a affirmé l’ancien magnat de l’humour, alors qu’il était contre-interrogé par Me Bruno Ménard, de la Couronne.

Selon lui, la version de la plaignante, selon laquelle il l’a agressée quelques heures après qu’elle eut refusé à deux reprises ses avances, ne fait « pas de sens ». « Si j’étais un agresseur, elle n’aurait certainement pas dormi chez moi », a-t-il fait valoir.

Même s’il admet que sa version peut paraître « incroyable », l’homme de 65 ans jure qu'il dit la vérité sur les événements qui se sont produits en 1980, après une sortie dans une discothèque avec la plaignante.

Il se dit « marqué à vie » par cette soirée, qu’il aurait racontée à certains amis au fil des années, sans jamais nommer la femme.

C’est que, selon sa version, c’est elle qui serait venue le rejoindre au petit matin pendant qu’il dormait. « C’est le genre de chose qui ne t’arrive pas 50 fois dans une vie », a soutenu M. Rozon devant la juge Mélanie Hébert.

Le fondateur de Juste pour rire a précisé au troisième jour de son procès que la relation sexuelle lui avait été « imposée », mais qu’il avait tout de même été « parfaitement consentant ».

Cette relation sexuelle l’avait étonné parce que, plus tôt, la plaignante avait manifesté un malaise lorsqu’il avait tenté de mettre sa main sous sa jupe pendant qu’ils s’embrassaient devant un feu de foyer qu’il avait allumé pour créer une ambiance « romantique ».

« Lorsqu’elle s’est contracté les jambes, j’ai arrêté immédiatement, a-t-il affirmé. J’ai senti que c’était une zone interdite. […] C’est peut-être même ça qui l’a choquée, que j’arrête aussi vite. »

M. Rozon a répété qu’il n’était pas fier de son attitude, mais qu’à l’époque il était « dépité » et avait donc invité la plaignante à aller se coucher dans une chambre au rez-de-chaussée, tandis que lui avait pris la chambre à l’étage.

Selon la version de la femme, qui était âgée de 20 ans à l’époque, M. Rozon a prétexté devoir aller récupérer des documents chez sa secrétaire, alors qu’il devait aller la reconduire chez ses parents. Une fois qu’ils sont arrivés sur place, il se serait jeté sur elle et ils se seraient bousculés. M. Rozon lui aurait alors dit être trop fatigué pour prendre la route et qu’elle pouvait s’installer dans une chambre au rez-de-chaussée. Elle a raconté s’être endormie toute seule dans une chambre, mais lorsqu’elle s’est réveillée, M. Rozon était sur elle.

« Il était déterminé à avoir des relations sexuelles, a-t-elle déclaré. Je me souviens de deux choses : de l’oppression et d’un sentiment de lâcher prise, parce qu’à un moment je me suis dit : “go, fais-le, ça va être fait et on va pouvoir passer à d’autres choses”, et c’est ce qui est arrivé », a-t-elle ajouté.

La preuve est désormais close au procès de M. Rozon et les plaidoiries finales doivent se tenir le 6 novembre.