La CDPDJ constate une hausse des plaintes pour profilage racial au Québec

La vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Myrlande Pierre, dit être préoccupée par l’augmentation des plaintes pour profilage racial impliquant un corps policier.
Photo: Adil Boukind Le Devoir La vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Myrlande Pierre, dit être préoccupée par l’augmentation des plaintes pour profilage racial impliquant un corps policier.

Le Québec connaît une hausse marquée de plaintes, plus particulièrement pour cause de profilage racial, rapporte la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

Celle-ci a déposé mercredi l’édition 2019-2020 de son rapport d’activités et de gestion à l’Assemblée nationale.

Depuis trois ans, le nombre de plaintes reçues pour ce motif est passé de 28 à 76, ce qui confirme que le profilage racial est un réel enjeu au Québec, soutient Myrlande Pierre, vice-présidente à la CDPDJ.

Elle a ajouté en conférence de presse être préoccupée par l’augmentation des plaintes pour profilage racial impliquant un corps policier.

En cinq ans, la commission a reçu 135 plaintes à cet effet. De ce nombre, 44 ont été ouvertes l’année dernière. La CDPDJ avait réclamé, en novembre dernier, la fin des interpellations policières de routine.

« Les plaintes […] ne sont que la pointe de l’iceberg », a prévenu Mme Pierre, qui y voit tout de même un côté positif. Collectivement, il y a une prise de conscience pour dire non, le racisme, c’est un déni de mes droits. »

Par ailleurs, la commission a rapporté avoir ouvert 360 enquêtes en matière de protection de la jeunesse en 2019-2020, comparativement à 308 l’année précédente, une augmentation « importante ».

« Je suis optimiste que les conclusions de la commission Laurent nous permettront de disposer d’une Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) améliorée », a déclaré Suzanne Arpin, vice-présidente à la CDPDJ.

Mercredi, la CDPDJ a également abordé l’enjeu du racisme systémique en lien avec les Autochtones, au moment où le gouvernement Legault refuse de reconnaître son existence.

Le premier ministre François Legault a expliqué en point de presse qu’il refusait d’utiliser le terme « racisme systémique » parce qu’une bonne partie de la population y percevait une « attaque » contre les Québécois.

« Ce n’est pas une bonne idée de se chicaner, de faire une guerre de mots », a-t-il fait valoir mercredi.

La CDPDJ ne partage pas cet avis. « Nommer un problème au départ, c’est déjà proposer une réponse, a déclaré Mme Pierre. Ça nous apparaît essentiel de bien comprendre un phénomène pour pouvoir agir. »

Entre-temps, le rapport Viens peut guider les actions du gouvernement et l’aider à rétablir les ponts avec la communauté autochtone, a renchéri le président de la CDPDJ, Philippe-André Tessier.

« C’est toujours une bonne chose de prendre connaissance des différents rapports qui ont été mis sur la table, de s’assurer que ces rapports-là soient bel et bien compris », a-t-il déclaré, déplorant qu’une poignée seulement de recommendations aient été appliquées en matière de relations avec les Autochtones depuis l’année dernière.