À l’école, à la maison ou dans la rue, quels sont tes droits?

Annie Labrecque Collaboration spéciale
Depuis la mi-juillet, le gouvernement québécois exige le port du masque pour toutes les personnes de 12 ans et plus qui veulent accéder à des endroits publics fermés, comme l’école, l’épicerie, l’autobus et les magasins.
Illustration: Bach Depuis la mi-juillet, le gouvernement québécois exige le port du masque pour toutes les personnes de 12 ans et plus qui veulent accéder à des endroits publics fermés, comme l’école, l’épicerie, l’autobus et les magasins.

Ce texte fait partie du cahier spécial Le Petit D

Que tu sois né au Canada, en Afrique du Sud ou au Japon, tu possèdes des droits et des libertés, les mêmes que n’importe quel autre humain vivant sur notre belle planète. Alors, là, je t’entends déjà me dire : mais, dis-moi, ça veut dire que personne ne peut m’interdire de manger des sucreries ou de passer ma journée sur mon écran ? En réalité, c’est un tout petit peu plus compliqué que ça ! Suis-nous, on va tout t’expliquer !

Tous les êtres humains ont des droits et des libertés. Par exemple, tu as le droit d’être libre, d’être respecté, d’être protégé, de t’exprimer, d’être en santé, de voter (quand tu seras majeur !), de te regrouper avec tes amis, de voyager et de travailler plus tard. Ces droits font partie d’un texte international important : la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il a été écrit en 1948 par l’Organisation des Nations unies, juste après la Seconde Guerre mondiale. Les pays qui l’ont signé voulaient ainsi s’assurer que les horreurs de la guerre ne se reproduisent plus.

Mais attention ! Si tu possèdes des droits et des libertés, cela ne veut pas dire que tu peux tout faire ! Il y a des lois à suivre. Par exemple, tu peux circuler librement dans ton quartier, mais tu dois t’arrêter à un feu rouge pour laisser passer les autres.

Sur les pas de Martin Luther King

Depuis quelques mois, tu as peut-être entendu parler du mouvement Black Lives Matter, que l’on pourrait traduire par La vie des Noirs compte. Ce mouvement est né aux États-Unis en 2013 pour dénoncer le racisme et les violentes agressions subies par les personnes noires.

En mai dernier, l’Afro-Américain George Floyd meurt pendant son arrestation par un policier blanc. Cette scène, qui a été filmée, provoque la colère de la population. Le mouvement Black Lives Matter prend alors de l’ampleur et se répand à travers le monde. Ici, des manifestations antiracistes ont eu lieu à Montréal, à Québec, à Sherbrooke, à Trois-Rivières, etc.

Illustration: Bach

Ce combat pour atteindre l’égalité entre les personnes, peu importe leur couleur, ne date pas d’hier. Dans les années 1960, Martin Luther King est un important défenseur des droits des Noirs aux États-Unis. À cette époque, les Américains noirs ne pouvaient pas voter, partager les mêmes toilettes que les Blancs ou aller dans les mêmes écoles. Heureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Chez nous, les Autochtones ont aussi souffert de grandes injustices et de préjugés. « Voir l’autre comme un égal à soi-même, ce n’est pas simple », relate la philosophe Catherine Audrain pour expliquer la raison de ces injustices. Bien que le sort réservé aux communautés autochtones se soit amélioré, elle rappelle qu’en 2020, ses membres subissent encore de la discrimination.

Est-ce mon droit de ne pas mettre de masque ?

Depuis la mi-juillet, le gouvernement québécois exige le port du masque pour toutes les personnes de 12 ans et plus qui veulent accéder à des endroits publics fermés, comme l’école, l’épicerie, l’autobus et les magasins. Pas de masque ? Pas le droit d’entrer !

D’autres pays ailleurs dans le monde obligent aussi à porter le masque. C’est une situation exceptionnelle pour protéger la population contre le virus de la COVID-19. Cependant, tu as peut-être constaté qu’une partie de la population refuse de porter le couvre-visage et manifeste son désaccord.

« Les manifestants anti-masque revendiquent leur liberté de ne pas le porter, mais cette liberté n’est pas un droit absolu », fait remarquer Catherine Audrain. Dans ce cas-ci, le bien commun va au-delà du bien individuel. C’est aussi l’avis de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Cet organisme, créé en 1995, s’assure que les droits des Québécois sont protégés. Si le port du masque brime une petite partie de nos droits, limiter la propagation du virus dans la société est beaucoup plusimportant. Mais ne t’inquiète pas ! Cette mesure n’est pas permanente et sera levée lorsque la situation reviendra à la normale.

Et toi, tu as le droit de ne pas travailler (sauf à l’école) !

Comme les enfants sont plus vulnérables que les adultes, il existe un traité spécialement conçu pour te protéger, toi et tous tes congénères. Il s’agit de la Convention internationale des droitsde l’enfant. Chaque enfant dans le monde a le droit d’être justement traité, d’être en vie et protégé contre les mauvais traitements, d’avoir un nom et une nationalité et de pouvoir fréquenter l’école. Tout enfant peut aussi exprimer ses opinions, jouer et se reposer.

Malheureusement, dans le monde, il y a des pays où seuls les garçons peuvent aller à l’école. Dans d’autres, les enfants sont forcés de travailler. Un rapport d’Amnesty International (un organisme pour la défense des droits de la personne dans le monde) indique qu’en République démocratique du Congo, au lieu d’être scolarisés, les enfants travaillent pour aider financièrement leurs parents. Ils creusent dans les mines pendant de longues heures et dans de mauvaises conditions pour extraire un minerai servant à fabriquer ton cellulaire, ou celui que tu rêves d’avoir. L’Organisation des Nations unies (ONU) a annoncé que 2021 sera l’Année internationale de l’élimination du travail des enfants.

« Malheureusement, ce ne sont pas tous les pays qui ont signé la convention, indique Catherine Audrain. On ne peut pas faire grand-chose, mais on peut mettre de la pression. Par exemple, en boycottant les entreprises utilisant des produits qui résultent du travail des enfants. »

Mais toi, es-tu prêt à ça ?

Continue à te battre… pour tes droits !

Parce qu’il subsiste toujours des inégalités dans le monde. Par exemple, les femmes, même si elles représentent la moitié de la population, ne sont pas encore sur un pied d’égalité par rapport aux hommes. Elles n’ont pas les mêmes chances d’accéder au marché du travail, gagnent beaucoup moins et sont moins présentes dans les positions de pouvoir. L’ONU estime par ailleurs que 35 % des femmes sont victimes de violences.

Le combat pour les droits et libertés doit donc se poursuivre sur tous les fronts !

Le savais-tu?

• Une démocratie est un système politique où le pouvoir appartient au peuple. Le Canada en est un exemple. Cela signifie que les citoyens votent pour ceux qui auront ces pouvoirs. Au contraire, on appelle une dictature un système où les pouvoirs sont détenus par une seule personne. C’est le cas de la Corée du Nord.

• Le concept de droits et libertés est loin d’être nouveau. On a retrouvé des traces de ce concept dans les écrits de l’Antiquité. En 1215, la Grande-Bretagne a mis au point un document officiel qui s’appelle la Grande Charte (ou Magna Carta) et qui garantit aux Anglais certains droits et libertés. Quelques siècles plus tard, en 1789 exactement, la France a signé la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Ici, au Canada, il y a la Charte des droits et libertés de la personne. Cette charte existe depuis 1982.

• Chaque année, le 20 novembre, on célèbre la Journée mondiale de l’enfance et, le 10 décembre, la Journée internationale des droits de la personne. Ce sont des moments importants pour se souvenir de ceux qui se sont battus pour que tu aies des droits et que tu vives libre.

• Freedom House, un organisme à but non lucratif, présente une liste des pires pays bafouant allègrement les droits et les libertés de ses citoyens. Parmi ceux-ci, il y a notamment la Syrie, la Corée du Nord, l’Arabie saoudite, la Somalie et la Libye. Le Canada, la Norvège, le Japon, la France, la Suède, les Pays-Bas, l’Irlande, l’Australie et le Portugal se retrouvent quant à eux tout en haut du classement des pays les plus libres.