À Québec, des églises se voient forcées d’annuler la messe

L’église Saint-Roch
Photo: CC / Mcturcotte L’église Saint-Roch

À Québec, des curés ont décidé de ne plus tenir de messe en raison des nouvelles règles limitant l’assistance à 25 personnes. Seuls les baptêmes, les mariages et funérailles continuent d’avoir lieu.

Le curé Michel Drouin, affirme qu’il ne « voulait pas choisir » entre les paroissiens. « Les bénévoles ne voulaient pas gérer le “toi, tu rentres ; toi, tu ne rentres pas” », résume-t-il. « On ne voulait pas ça. »

Il a donc mis la clé dans la porte des quatre églises dont il est responsable : Saint-Roch, Saint-Sauveur, Saint-Malo et Notre-Dame-de-Recouvrance, dans le quartier Vanier.

Les messes accueillent souvent entre 40 et 60 personnes sur semaine, dit-il. C’est le double de la limite permise par la Santé publique pour freiner la COVID-19. « La fin de semaine, on va chercher la centaine facilement dans chacune des églises. »

Le prêtre a pris sa décision lundi. Depuis, les paroissiens qui se rendent à L’Église se retrouvent face à un message sur une porte barrée. « Dans le but de ne pas créer d’injustice, nous avons choisi de fermer temporairement nos églises », peut-on lire.

Besoin de réconfort

Depuis lundi, le téléphone sonne sans arrêt. « Les gens ont besoin de la messe. En plus, je suis dans un milieu où il y a beaucoup de problèmes de santé mentale. Ce sont des gens qui sont très fragiles. »

En plus de la déception entourant la messe, les curés composent avec la déception des familles qui doivent priver certains de leurs proches d’assister à des funérailles afin de respecter la limite de 25 personnes.

Plus tôt cette semaine, le cardinal de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, avait vivement dénoncé la décision d’imposer les mêmes règles aux églises qu’aux bars. Comme plusieurs chefs religieux, il estime que les églises devraient plutôt être assujetties à la norme de 250 personnes des salles de spectacle.

Ironique, le curé Drouin dit songer à organiser « un spectacle » dont il serait « la vedette ». « J’ai l’impression que notre gouvernement n’aime pas les communautés religieuses. Je ne comprends pas ça. »

Il plaide qu’il n’a pas ménagé les précautions pour éviter la contagion. « On en fait plus que ce qu’ils demandent : on désinfecte nos bancs, on se lave les mains, quand les gens font la communion, ils mettent leur masque et je demande aux gens de faire le moins de déplacements possible. »