Alexis Cossette-Trudel, enfant d’Octobre

Alexis Cossette-Trudel voit le jour le 30 octobre 1972 à Cuba, où ses parents felquistes, Louise Lanctôt et Jacques Cossette-Trudel, avaient obtenu un sauf-conduit deux ans plus tôt en échange de leur otage, le diplomate britannique James Cross.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alexis Cossette-Trudel voit le jour le 30 octobre 1972 à Cuba, où ses parents felquistes, Louise Lanctôt et Jacques Cossette-Trudel, avaient obtenu un sauf-conduit deux ans plus tôt en échange de leur otage, le diplomate britannique James Cross.

Enfant de la crise d’Octobre, Alexis Cossette-Trudel a suivi un itinéraire hors du commun avant de se hisser au rang de caution intellectuelle du mouvement « complotiste », de Cuba à Montréal, en passant notamment par la banlieue de Paris, le Tibet, l’UQAM et le Parti québécois.

Alexis Cossette-Trudel voit le jour le 30 octobre 1972 à Cuba, où ses parents felquistes, Louise Lanctôt et Jacques Cossette-Trudel, avaient obtenu un sauf-conduit deux ans plus tôt en échange de leur otage, le diplomate britannique James Cross.

En 1974, ils s’envolent vers la France et s’établissent dans la « banlieue rouge » de Paris, à La Courneuve. Jacques Cossette-Trudel vit dans la crainte d’être liquidé ou encore de voir ses deux enfants kidnappés.

En 1978, un journaliste frappe à la porte du modeste appartement de la famille Cossette-Trudel situé au 15e étage. « L’ascenseur arrêtait un étage plus bas. Le dernier étage, il fallait le monter à pied », se souvient plus de quatre décennies plus tard Réjean Tremblay. Il trouve à l’intérieur du logement une famille paisible. « Je n’ai pas senti de désespoir pantoute. L’enfant était assis sur leurs genoux. Il jouait. »

Le reporter rapporte aux exilés un échange qu’il a eu avec le ministre québécois de la Justice, Marc-André Bédard, sur les berges du lac Saint-Jean, quelques jours plus tôt. Ce dernier est disposé à autoriser leur retour au pays, si jamais ils en font la demande, résume-t-il.

Louise Lanctôt écrit au premier ministre René Lévesque pour dire qu’« il serait souhaitable [que ses deux enfants] puissent commencer leur école au Québec pour éviter un chamboulement néfaste pour leur stabilité affective et intellectuelle (entre autres une rupture et une réadaptation à un autre système scolaire), sachant qu’Alexis a déjà été grandement affecté par tous les dérangements et changements dus à [leur] exil ».

En décembre 1978, la famille Cossette-Trudel rentre d’exil. Alexis est alors âgé de six ans.

Jugés « à retardement », Jacques Cossette-Trudel et Louise Lanctôt écopent d’une peine de deux ans moins un jour d’emprisonnement assortie d’une libération conditionnelle de trois ans. Alexis est confié aux soins de sa tante.

En plein milieu du secondaire, Alexis Cossette-Trudel abandonne l’école. « Je me posais des questions existentielles. […] J’avais envie de voyager et de partir au Tibet », raconte-t-il. Durant son voyage, il trouve l’amour auprès d’une Tibétaine, avec qui il se marie selon le rituel bouddhiste.

Il termine son secondaire dans un centre d’éducation des adultes, puis effectue des études universitaires à l’UQAM. Il fait un stage à la Chaire Raoul-Dandurand durant lequel il s’intéresse à la « guerre de l’information ». Il décroche un doctorat, puis en entreprend un autre.

Militantisme au PQ

En 2000, Alexis Cossette-Trudel brigue la présidence du Comité national des jeunes du PQ (CNJPQ). À la tête d’une équipe baptisée Momentum, il l’emporte sur Mathieu Lachaîne et Mathieu Bock-Côté. Alexis Cossette-Trudel était le candidat du « courant dominant », se rappelle vaguement l’ex-« candidat indépendant » Mathieu Bock-Côté. Le sociologue dit avoir pris part à la course après avoir appris que chaque « candidat pouvait faire un discours devant tous les délégués sur l’indépendance ». « C’était moi, le candidat hors système », fait remarquer Mathieu Bock-Côté.

La campagne laisse des séquelles. Mathieu Lachaîne reproche à Alexis Cossette-Trudel d’avoir mené une campagne « de démagogie et de salissage personnel » afin d’être catapulté à la tête de l’aile jeunesse. Empêtré dans des querelles internes, Alexis Cossette-Trudel démissionne deux mois après sa victoire électorale. Il n’a pas marqué durablement les esprits péquistes, à en croire les souvenirs flous des ex-membres de la CNJPQ consultés par Le Devoir.

En 2006-2007, Alexis Cossette-Trudel s’invite dans le monde des jeux de société. Il crée le « grand jeu d’aventure et de conquête » Stratagame, dont le but ressemble drôlement à celui de Risk : dominer le monde.

À voir en vidéo