Camping tout compris

C’est au bout du chemin Maple, à Sutton, dans la région touristique des Cantons-de-l’Est, que se trouve Huttopia Sutton, un des royaumes du «glamping» au Québec. Sur la photo, une tente prêt-à-camper.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir C’est au bout du chemin Maple, à Sutton, dans la région touristique des Cantons-de-l’Est, que se trouve Huttopia Sutton, un des royaumes du «glamping» au Québec. Sur la photo, une tente prêt-à-camper.

On le préfère communautaire ou sauvage, chic ou nomade, mais une chose est sûre, le camping peut être une solution vacances attrayante en temps de pandémie. À condition de s’adapter. Pour le deuxième texte de cette série estivale, Le Devoir se penche sur l’engouement actuel pour la formule « tout compris » en camping.

Au pied du mont Sutton, au cœur d’une immense forêt traversée par une rivière qui fait le bonheur de bien des baigneurs, des tentes de toile et de bois ainsi que des chalets se fondent à travers les immenses arbres du site de Huttopia Sutton. C’est au bout du chemin Maple, à Sutton, dans la région touristique des Cantons-de-l’Est, que se trouve un des royaumes du glamping au Québec. Ici, tout a été pensé pour assurer un séjour confortable aux vacanciers, tout en étant en nature. Au cœur du site, une piscine extérieure chauffée, deux parcours d’hébertisme, des terrains de jeux et un bistrot. Toutes les tentes sont bien équipées, nul besoin de charger l’auto jusqu’au toit. Certaines tentes ont même leur propre salle de bain.

« C’est le tout-inclus du camping », lance Isabelle Pelletier, que Le Devoir a rencontrée au début du mois de juillet sur la terrasse de l’immense pavillon qui sert de centre de vie. Après un printemps stressant, ponctué par une série de restrictions, cette infirmière et son conjoint pompier confient avoir eu besoin de répit, eux qui ont été au front depuis le début de la pandémie de COVID-19.

En s’offrant le luxe de ne rien avoir à préparer, le couple originaire de Saint-Jérôme a voulu miser sur les moments de détente pendant que leurs deux enfants, Gabriel et Florence, profitent des installations sur le site. « Si on avait fait du camping rustique, on serait partis maximum deux jours avec les enfants, alors qu’ici, on peut se permettre de rester quatre jours parce qu’il y a même un petit frigo dans la tente », souligne son conjoint, Jérémie Thibault. L’expérience du confort en nature leur a tellement plu qu’ils n’ont pas tardé à se réserver un deuxième séjour cet été. « Partir en camping avec des enfants, ça demande beaucoup de planification. Ici, on arrive et tout est déjà prêt. La tente est montée, toute la vaisselle est sur place, on n’a rien besoin d’amener », souligne la mère de famille.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Au cœur du site Huttopia Sutton, on retrouve une piscine extérieure chauffée, deux parcours d’hébertisme, des terrains de jeux pour les enfants et un bistrot.

La formule « prêt-à-camper » constituera cet été une découverte pour de nombreuses familles québécoises dont les vacances ont été chamboulées par le virus et la fermeture des frontières, selon Nicolas Cavelier, directeur général de Huttopia Sutton. « L’environnement est tellement naturel que les gens arrivent presque à oublier [la pandémie] », dit-il. Évidemment, de nombreuses mesures ont dû être implantées pour respecter la distanciation physique. Le nombre de places aux activités est désormais limité, l’accès à la piscine se fait sur réservation, puis les protocoles de nettoyage et de désinfection des aires communes ont été renforcés.

Confort et simplicité

La tendance du glamping était déjà à la hausse, note Nicolas Cavelier, qui constate l’intérêt des Québécois année après année depuis l’ouverture du site en 2015. « Ce qu’on propose, c’est d’avoir un certain confort en respectant les valeurs du camping. Cet équilibre, on va le chercher dans la simplicité de nos installations et c’est ce que les gens apprécient », mentionne-t-il.

À ses débuts, Huttopia Sutton n’offrait d’ailleurs aucune connexion Internet, mais à la demande des clients, le site bénéficie désormais du wi-fi dans les aires communes du centre de services.

Pendant que ses enfants s’amusent à jouer au ping-pong sur un des terrains de jeu, Karine Lévesque, une résidente de Sherbrooke, avoue avoir jeté un œil à ses courriels sur son téléphone cellulaire. « Au moins, le wi-fi ne se rend pas trop loin, alors ça évite que les enfants soient sur leur tablette », blague-t-elle. Sa famille a voulu opter cette année pour des vacances faciles. « C’est la première fois qu’en camping, je sens qu’on est vraiment en vacances. On n’a pas eu besoin de se compliquer la vie, de monter la tente, de tout ranger dans un bac pour aller faire la vaisselle, je trouve qu’on en profite beaucoup plus », glisse sa fille, Charlotte Quirion. Son frère Samuel confie qu’il gardera de beaux souvenirs autour du feu où, la veille, des chansonniers sont venus animer la fin de la soirée. « J’ai aussi beaucoup aimé pouvoir aller dans la piscine », prend-il le temps d’ajouter.

Bien qu’elle n’écarte pas la possibilité de revenir au camping plus traditionnel, Karine Lévesque compte répéter l’expérience glamping. « C’est vraiment un entre-deux entre un chalet et la tente traditionnelle qui nous convient. On est dans la forêt, en nature, mais on a l’électricité et l’eau à proximité », souligne-t-elle.

Non loin du pavillon central, on retrouve les premières tentes prêt-à-camper. Karine Duquette prépare des hamburgers pour ses enfants. Enceinte de presque huit mois, cette passionnée de camping rustique a dû se résoudre à changer ses habitudes. « Normalement, on va dans le fond du bois, on se cherche l’endroit le moins fréquenté. Mais là, vu que j’étais enceinte et que j’avais mes quatre autres enfants, je ne me voyais pas tout monter et démonter, alors je me suis dit “pourquoi ne pas l’essayer ?” », raconte-t-elle.

C’est vraiment un entre-deux entre un chalet et la tente traditionnelle qui nous convient. On est dans la forêt, en nature, mais on a l’électricité et l’eau à proximité.

 

Le confort a cependant un prix, rappelle-t-elle. « C’est un budget à prévoir, parce que c’est plus cher que d’aller dans le fond du bois », souligne-t-elle.

Chez Huttopia Sutton, les tarifs varient de 67 $ à 265 $ par nuitée, selon le type de tente ou de chalet choisi. Des emplacements pour du camping rustique sont également offerts, et récemment, une nouvelle option de prêt-à-camper pour deux personnes a été lancée dans des zones plus reculées du site.

Si elle confie préférer les endroits peu fréquentés, Karine Duquette avoue ne pas écarter la possibilité de revenir. « Je me dis que si la famille s’agrandit encore, je vais sûrement vouloir revenir. »

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