Avant même la pandémie, 20% des travailleurs communautaires se disaient épuisés

Les travailleurs communautaires interrogés ont rapporté une charge de travail élevée et une insécurité financière vu leur faible rémunération.
Photo: Lorenzo Antonucci Getty Images Les travailleurs communautaires interrogés ont rapporté une charge de travail élevée et une insécurité financière vu leur faible rémunération.

Pas moins de 20 % des travailleurs communautaires au Québec affirmaient vivre de l’épuisement professionnel avant la pandémie, selon une récente étude menée par l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Et alors qu’ils ramassent les pots cassés de la COVID-19 qui a fragilisé bien des gens, il est possible que ce nombre augmente.

L’étude a été menée l’hiver dernier auprès de 851 travailleurs communautaires — notamment des intervenants pour des organismes en santé mentale comme des lignes d’écoute téléphonique, des membres de la direction et du personnel de soutien — qui œuvrent majoritairement sur l’Île de Montréal, mais aussi dans d’autres régions du Québec.

Ils ont rapporté une charge de travail élevée, tant pour la quantité de boulot à accomplir que pour la charge émotionnelle, et une insécurité financière vu leur faible rémunération — plus du quart des personnes qui ont pris part à l’étude se considèrent pauvres.

Et puis, beaucoup se sentent coupables : ils hésitent à prendre un congé de maladie, parce qu’ils ne veulent pas abandonner les gens qui ont besoin d’eux, ni leurs collègues, tout aussi débordés, est-il noté dans l’étude.

Tous ces facteurs ont contribué à leur épuisement professionnel, indique la chercheuse Sophie Meunier, professeure au département de psychologie de l’UQAM.

La pandémie a depuis mis de la pression sur beaucoup d’organismes communautaires, notamment ceux qui offrent de l’aide alimentaire, car la crise sanitaire a entraîné des pertes d’emploi.

« Il est raisonnable de penser que le niveau d’épuisement du personnel doit être encore plus élevé à l’heure actuelle, le confinement et le stress ayant très certainement entraîné davantage de problèmes de santé mentale et une hausse des demandes auprès des organismes », souligne Sophie Meunier dans une note accompagnant l’étude.

Avec ses collègues, elle se penche maintenant sur la situation dans laquelle se trouvent ces travailleurs depuis le mois de mars.

Financée par le Conseil de recherches en sciences humaines, l’étude a été réalisée par le Laboratoire de recherche sur la santé au travail du département de psychologie, en collaboration avec le Réseau alternatif et communautaire des organismes en santé mentale de l’Île de Montréal.

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