Le dossier de l’allégation d’inconduite sexuelle est clos, selon Blanchet

Le chef du Bloc québécois Yves- François Blanchet a pris la parole dimanche pour démentir l’allégation anonyme d’inconduite sexuelle publiée sur Facebook la semaine passée.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le chef du Bloc québécois Yves- François Blanchet a pris la parole dimanche pour démentir l’allégation anonyme d’inconduite sexuelle publiée sur Facebook la semaine passée.

Après avoir nié l’allégation anonyme d’inconduite sexuelle portée contre lui, Yves-François Blanchet refuse catégoriquement tout autre commentaire sur le sujet. Le chef du Bloc québécois a martelé lundi que le dossier est désormais clos à ses yeux.

M. Blanchet a pris la parole dimanche pour démentir l’allégation anonyme publiée sur Facebook la semaine dernière. Il a de nouveau rencontré la presse, lundi, pour parler d’un autre sujet. Mais il a décliné toutes questions qui portaient sur cette allégation. « Je ne reviens pas là-dessus. Hier, j’ai fait un point de presse long, précis et complet. C’est terminé », a-t-il tranché lundi. « Je n’aborde pas ces questions-là aujourd’hui », a-t-il répété en réponse à l’une des sept autres questions qui lui ont été adressées à ce sujet.

Le chef bloquiste a en outre refusé que sa whip, Claude DeBellefeuille, qui était à ses côtés, s’exprime à son tour. Il a fait valoir que son caucus s’était « exprimé très librement » dans un communiqué de presse publié dimanche, peu de temps avant que le chef nie sur la place publique l’allégation anonyme avançant qu’il aurait été trop insistant avec une femme lors d’une soirée dans un bar montréalais en 1999, à l’époque où il était le gérant du rocker Éric Lapointe.

Je ne reviens pas là-dessus. Hier, j’ai fait un point de presse long, précis et complet. C’est terminé.

 

Soutien

Les 31 députés bloquistes ont affirmé, dans un communiqué de presse partagé par le parti, qu’ils étaient « convaincus que les allégations anonymes » à l’endroit de leur chef « sont fausses ».

Les députés se sont fait ordonner de ne pas faire d’autres commentaires sur cette affaire. Le Devoir a tenté de joindre dix d’entre eux lundi. Seuls deux ont répondu ouvertement.

« J’avais convenu que je ne commenterais pas, donc je ne le ferai pas », a indiqué le député Rhéal Fortin. « Mais tout est dans le communiqué. Ma signature est là et je ne la renie pas. »

La députée Monique Pauzé a elle aussi assuré que son chef a son plein appui. « Tout ce que je peux dire, c’est que le Yves-François Blanchet que je connais n’est pas celui qui a été décrit dans ce courriel. Pas du tout », a-t-elle dit. « Je lui fais confiance. »

M. Fortin et Mme Pauzé ont assuré avoir accepté que le parti appose leur nom au communiqué de presse défendant leur chef.

Les bloquistes se seraient consultés lors d’une rencontre de caucus virtuelle, mercredi soir dernier, à la suite de la publication de l’allégation. M. Blanchet se serait alors expliqué auprès de ses collègues et ceux-ci auraient convenu de le soutenir de façon unanime, selon une source bloquiste qui n’était pas autorisée à discuter de ces pourparlers.

Deux anciennes élues bloquistes ont elles aussi assuré soutenir encore leur chef. « J’ai confiance en M. Blanchet et je suis en arrière de lui », a réagi France Bonsant.

Comme plusieurs bloquistes consultés depuis la semaine dernière, elle explique croire M. Blanchet sur parole, car elle se dit « très mal à l’aise avec des dénonciations anonymes ». « Je crois la personne qui va se nommer pour faire une plainte. […] Des ouï-dire,je n’y crois pas. La justice n’est peut-être pas parfaite, mais elle existe encore. On est dans un État de droit et innocent jusqu’à preuve du contraire », fait valoir Mme Bonsant.

Son ancienne collègue Johanne Deschamps déplore à son tour « des allégations anonymes sur un site anonyme ». L’allégation a été publiée sur une page Facebook gérée de façon anonyme.

Mme Deschamps croit cependant que le chef bloquiste n’avait d’autre choix que de s’expliquer publiquement, afin de « rassurer » les bloquistes. « Le silence aurait été pire, je pense », a-t-elle confié au Devoir. « Je pense que c’était nécessaire, tant pour lui que pour les députés de son caucus et pour les membres aussi du Bloc québécois, qu’il prenne la parole et qu’il s’explique franchement. »

M. Blanchet a mis quatre jours avant de réagir, dimanche après-midi. Il a indiqué avoir voulu attendre de « laisser descendre la poussière un peu ».

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