Ouverture restreinte et files d’attente pour les piscines montréalaises

La piscine du parc Baldwin ne laisse entrer que 180 baigneurs chaque heure, alors que la capacité maximale y est normalement de quelque 580 personnes.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La piscine du parc Baldwin ne laisse entrer que 180 baigneurs chaque heure, alors que la capacité maximale y est normalement de quelque 580 personnes.

Les Montréalais ont dû prendre leur mal en patience lundi pour trouver un endroit où se rafraîchir en cette période caniculaire. Si les piscines extérieures ont pour la plupart rouvert, les nouvelles consignes mises en place en raison de la pandémie de coronavirus limitent leur accessibilité.

« Il était temps que les piscines rouvrent. Avec cette chaleur, c’est difficilement vivable. Je comprends qu’en mai [lors de la première canicule], il y avait la pandémie. Mais là, elle est quasi finie », soutient Krystelle Girard, croisée en milieu d’après-midi lundi.

Elle attendait en file pour entrer dans l’enceinte de la piscine du parc Jarry, dans le quartier Villeray. Devant elle, plus d’une vingtaine de personnes attendaient également leur tour. Certains montraient des signes d’impatience pendant que d’autres essayaient de trouver un petit coin d’ombre pour ne pas cuire au soleil.

Après 20 minutes à faire file — et pourtant si près du but —, Pascal Lewis a perdu patience et préféré faire demi-tour. « À attendre et voir le monde à l’intérieur, ça m’a découragé. Je n’aurais même pas eu la place pour nager dans l’eau. Je vais plutôt aller me chercher un coin d’ombre et boire beaucoup d’eau », lance-t-il avec une petite pointe de déception dans la voix.

Si la capacité maximale de la piscine est normalement de 450 personnes, seuls 230 baigneurs sont autorisés à la fois afin de respecter les mesures de distanciation physique. Une limite quelque peu contraignante en pleine canicule. Dimanche, l’afflux de Montréalais en quête d’un peu de fraîcheur a même obligé les sauveteurs à improviser pour permettre à tous d’en profiter.

« La piscine a été partagée en trois, raconte l’un d’entre eux. Toutes les trente minutes, on vidait une section pour permettre à de nouvelles personnes de rentrer. Aujourd’hui, c’est moins pire. Dès qu’une personne sort, on en fait entrer une autre. »

Un système similaire a été mis en place dans d’autres piscines de la métropole. La piscine du parc Laurier, dans le Plateau Mont-Royal, laisse entrer 150 personnes chaque heure, pour une durée maximale de 45 minutes. Elles doivent ensuite sortir et refaire la file si elles souhaitent en profiter davantage.

À quelques kilomètres, la même règle s’applique pour la piscine du parc Baldwin, qui ne laisse entrer que 180 baigneurs chaque heure, alors que la capacité maximale y est normalement de quelque 580 personnes. « En ce moment, en temps de pandémie et en temps de canicule, la piscine, c’est pour se rafraîchir. Ce n’est pas le temps de se reposer au bord de l’eau pendant des heures ou de faire ses longueurs », indique un employé de la piscine. La plupart des piscines extérieures n’ont d’ailleurs prévu aucun couloir pour les nageurs.

Du retard

Et ceux qui pensaient se rabattre sur le Complexe aquatique du parc Jean-Drapeau pour faire leurs longueurs seront déçus. Seule la piscine récréative sera ouverte cet été, entre la deuxième et la troisième semaine de juillet, et sera réservée à la baignade. « Le bassin de plongeon et la piscine de compétition resteront fermés. Avec le financement qu’on a cette année, on doit limiter nos services. On envisage de prévoir des plages horaires tôt le matin, quand il y a peu de familles, pour permettre aux gens de faire des longueurs », indique Gabrielle Meloche, cheffe des communications de la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD).

En raison de la crise sanitaire, la SPJD a perdu d’importants revenus liés à la location des lieux pour accueillir, par exemple, le Grand Prix du Canada ou encore les festivals de musique Osheaga et Heavy Montréal. Des revenus qui s’ajoutaient à une aide financière de la Ville de Montréal pour entretenir les installations aquatiques.

« Cela nous a mis dans une situation financière précaire. On a dû demander une subvention supplémentaire à la Ville. On a eu le OK vendredi dernier », précise Mme Meloche, expliquant du même coup pourquoi les installations ouvriront avec plusieurs semaines de retard comparativement aux autres points d’eau de la métropole.

C’est le bassin olympique qui ouvrira en premier, dans la première semaine de juillet, tandis que la plage Jean-Doré et le Complexe aquatique ouvriront entre la deuxième et la troisième semaine de juillet. Le temps nécessaire pour remplir le bassin et la plage de l’eau du fleuve et la filtrer, ainsi que d’engager le personnel nécessaire pour l’ensemble du complexe.