Le Conseil de nuit de Montréal entend mettre à l’ordre du jour les préoccupations des oiseaux nocturnes

Le tout nouveau Conseil de nuit de Montréal a nommé 12 membres pour défendre les oiseaux de nuit montréalais et leurs activités.
Photo: Getty Images Le tout nouveau Conseil de nuit de Montréal a nommé 12 membres pour défendre les oiseaux de nuit montréalais et leurs activités.

Las d’attendre une politique active de la Ville de Montréal en matière de vie nocturne, le tout nouveau Conseil de nuit de Montréal a nommé 12 membres pour défendre les oiseaux de nuit montréalais et leurs activités.

« Cela fait un peu plus de deux ans qu’on a créé Montréal 24/24, dit Mathieu Grondin, directeur général de l’organisme. On est passés par différentes étapes, et on en est venus à la conclusion, qu’il fallait un conseil de nuit pour soutenir et représenter la vie nocturne. »

Selon Mathieu Grondin, la vie nocturne est actuellement l’objet d’une mouvance de gouvernance mondiale. Plusieurs villes, dont Londres ou Paris, ont élu des maires ou des attachés de la vie nocturne, dit-il. « Nous, on a choisi d’adopter un modèle multilatéral, où des experts de la vie nocturne sont réunis à une même table pour discuter de développement », dit-il.

Les douze membres du Conseil proviennent de diverses organisations, du festival Mutek, représenté par Vincent Lemieux, au Centre de recherches interdisciplinaires d’études montréalaises, en passant par l’Association des intervenants en dépendance ou la Ausgang Galerie.

« Les besoins sont multiples, dit Mathieu Grondin. C’est sûr que parmi les gens qui nous suivent, plusieurs viennent du milieu de la musique électronique, qui considèrent que les lois actuelles empêchent son développement ».

Mais le Conseil de nuit a également l’intention de se pencher sur les besoins en transport, voire des besoins en garderie, des infirmières qui travaillent de nuit par exemple. La nuit, dit-il, Montréal devient aussi un désert alimentaire, où l’on ne peut se procurer que de la nourriture provenant de chaînes de restauration rapide. On veut aussi y parler d’aménagement urbain.

L’exemple torontois

Il est loin le temps où Charlebois se moquait de la ville de Toronto où les bars fermaient « un ti-peu trop tôt ». Aujourd’hui, dit Mathieu Grondin, la Ville de Toronto a pris les devants en autorisant par exemple l’ouverture des bars au-delà de 3 heures du matin, lors d’événements spéciaux comme le Festival international du film de Toronto (TIFF).

À Montréal, ça n’est qu’une fois par année, lors de la Nuit blanche, que les bars de la rue Saint-Denis, entre Sainte-Catherine et Sherbrooke, peuvent demeurer ouverts jusqu’à six heures du matin. Et le Conseil de nuit ne cache pas qu’il souhaiterait que cette réglementation soit étendue. « Il y a bien un ou deux afterhours qui fonctionnent sans alcool à Montréal, dit-il, mais ils sont difficiles à rentabiliser »

Même s’il n’a pas encore reçu de signal de la Ville pour d’éventuels pourparlers, le Conseil de nuit entend mener des discussions dans ses quatre comités : celui des salles de spectacles et des bars, celui des festivals et des événements, celui sur la santé, la sécurité, l’inclusion et la diversité, et celui sur l’art de vivre la nuit.

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