Un plan d’action pour sauver le centre-ville de Montréal

Afin de permettre au plus grand nombre de personnes de se rendre jusqu’au centre-ville, les deux organismes préconisent l’aménagement de quatre grands stationnements pour les vélos aux abords du quartier pour encourager le transport actif.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Afin de permettre au plus grand nombre de personnes de se rendre jusqu’au centre-ville, les deux organismes préconisent l’aménagement de quatre grands stationnements pour les vélos aux abords du quartier pour encourager le transport actif.

Rues piétonnes, terrasses éphémères, stationnements gratuits et animations culturelles. Pour sauver le centre-ville de Montréal, la CCMM et le PQDS proposent un train de mesures audacieuses, mais surtout « nécessaires » à l’administration Plante. Ils invitent également les gouvernements fédéral et provincial à mettre la main à la pâte.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et le Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS) craignent le pire pour le centre-ville, fortement affaibli par les mesures mises en place pour freiner la pandémie de coronavirus. Si les commerces de détail ont pu rouvrir le 25 mai, un retour à la normale n’est pas envisagé avant plusieurs mois. « Le centre-ville de Montréal ne retrouvera pas rapidement les quelque 310 000 travailleurs dans les tours, ni les milliers d’étudiants, ni les millions de touristes » qui font sa vitalité, soulignent-ils dans un rapport rendu public mercredi, réalisé à la demande de l’administration Plante pour réfléchir à la relance de la ville.

Les deux organismes y recommandent huit actions concrètes pour favoriser la survie des commerces du centre-ville, appelant les trois paliers politiques à agir vite, avant qu’il ne soit « trop tard pour réussir ». En voici les grandes lignes.

Aide financière. Si les commerçants et PME ont pu bénéficier de différents programmes d’aide financière mis en place depuis le début de la crise, une aide supplémentaire et ciblée sera nécessaire à ceux du centre-ville, selon la CCMM et la PQDS.

Ils proposent entre autres de baisser les coûts de leur loyer en leur permettant d’avoir accès plus facilement à l’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) pendant six mois. Et ce, sans que les commerçants locataires admissibles aient à attendre l’autorisation de leur propriétaire.

Les organismes recommandent également une bonification du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes.

Occupation de l’espace public. Pour que l’activité commerciale soit optimale, les clients doivent être au rendez-vous. Faut-il toutefois pouvoir les attirer jusqu’au centre-ville et leur offrir la place dont ils ont besoin en temps de pandémie.

La CCMM et la PQDS recommandent donc d’assouplir la réglementation et d’accélérer le processus d’approbation des permis pour autoriser les restaurants, cafés et bars à occuper l’espace public. De grandes terrasses et des marchés éphémères pourraient être aménagés dans la rue, on devrait aussi pouvoir y boire de l’alcool en toute légalité comme dans les parcs, suggère le rapport.

Pour ce faire, il faudrait rendre la rue Sainte-Catherine complètement piétonne des rues Atwater à Papineau durant toute la période estivale. D’autres artères sur l’axe nord-sud, pour relier le Vieux-Montréal à la rue Sainte-Catherine, pourraient aussi interdire la circulation automobile. Des exceptions sont bien sûr à prévoir pour permettre les livraisons de marchandises.

Animations culturelles. Toujours dans cette idée d’attirer les visiteurs à rester au centre-ville, il est suggéré dans le rapport de permettre au PQDS d’organiser des parcours thématiques agrémentés, par exemple, de marquage au sol, installations fixes, expositions d’œuvres ou encore balados sur ces artères piétonnisées.

Et pourquoi pas occuper le temps d’un été des espaces privés, des locaux vacants et des vitrines pour laisser place à la culture ?

Meilleure accessibilité. Afin de permettre au plus grand nombre de personnes de se rendre jusqu’au centre-ville, les deux organismes préconisent l’aménagement de quatre grands stationnements pour les vélos aux abords du quartier pour encourager le transport actif. Ils suggèrent aussi de rendre gratuits les stationnements sur rue durant l’été, toutes les fins de semaine ainsi que les soirs de semaine.

Publicité. Les deux organismes plaident enfin pour une vaste campagne de communication afin d’attirer non seulement les Montréalais, mais également les résidents des banlieues et des autres régions du Québec.

« Si l’on parvient à préserver la majorité de la base commerciale, la sortie de crise sera d’autant moins douloureuse et c’est tout le Grand Montréal et le Québec qui profiteront d’une métropole avec un centre-ville en pleine relance », conclut la CCMM et le PQS avec l’espoir que leurs recommandations seront prises en compte.

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