Enquête sur la mort d’un enfant à Joliette

Jeudi dernier, la Sûreté du Québec (SQ) a été appelée à intervenir dans un logement de Joliette, dans Lanaudière, où un enfant de deux ans a été retrouvé inconscient.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jeudi dernier, la Sûreté du Québec (SQ) a été appelée à intervenir dans un logement de Joliette, dans Lanaudière, où un enfant de deux ans a été retrouvé inconscient.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a ouvert une enquête pour faire la lumière sur le décès d’un enfant de deux ans, survenu à la suite d’une intervention de la DPJ à Joliette la semaine dernière.

« L’enquête déclenchée par la Commission vise à déterminer si les droits de l’enfant dont la situation était en évaluation par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de Lanaudière ont été lésés », a précisé l’organisme par voie de communiqué lundi.

Comme pour toute enquête de la Commission, le déroulement de celle-ci n’est pas public, souligne l’organisation.

La Commission pourra ensuite faire des recommandations à la DPJ du CISSS de Lanaudière, et à toute autre instance concernée, en fonction des constats de son enquête. « Elle effectuera par la suite un suivi de ses recommandations afin de s’assurer de leur mise en œuvre », précise-t-on.

Jeudi dernier, la Sûreté du Québec (SQ) a été appelée à intervenir dans un logement de Joliette, dans Lanaudière, où un enfant de deux ans a été retrouvé inconscient. Son décès a été constaté plus tard à l’hôpital.

Il s’avère que, plus tôt dans l’après-midi, des travailleurs sociaux ont visité ce même logement, qui avait fait l’objet d’un signalement auprès des autorités deux mois plus tôt. Ils ont découvert « une scène d’horreur rarement vue », a rapporté Radio-Canada sur la base de trois témoignages. « Dans le logement insalubre, les quatre jeunes enfants de la famille avaient des champignons sur le visage et la peau purulente. »

La DPJ a décidé de placer immédiatement les enfants pour assurer leur protection. Les travailleurs sociaux ont quitté le logement l’espace d’une heure pour organiser le transfert dans une famille d’accueil. À leur retour, l’enfant de deux ans était inanimé, et une ambulance était sur place. Ils ont appelé la SQ sur-le-champ.

La famille visée est originaire de la communauté autochtone attikamek et compte deux garçons, respectivement de 6 ans et de 2 ans, ainsi que des jumelles de 6 mois. Les trois autres enfants ont été placés dans leur famille élargie et se trouvent désormais dans la réserve de Manawan.

Le jour du drame, la présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, Régine Laurent, avait appelé le gouvernement à agir promptement pour assurer la protection des enfants en cette période de crise sanitaire. « J’ai discuté avec le ministre [de la Santé et des Services sociaux], Lionel Carmant, disait-elle. Je peux vous dire qu’il affirme être en train de travailler à trouver des solutions. Je comprends que nous sommes d’accord qu’il y a des enfants qui ne doivent pas passer sous le radar. »