Aucune accusation criminelle ne sera déposée contre Martin Prud’homme

Martin Prud’homme a été relevé provisoirement de ses fonctions le 7 mars 2019, à la surprise générale.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Martin Prud’homme a été relevé provisoirement de ses fonctions le 7 mars 2019, à la surprise générale.

Le cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé mardi matin qu’aucune accusation criminelle ne sera déposée contre Martin Prud’homme, suspendu de ses fonctions à la tête de la Sûreté du Québec en mars 2019.

« Oui, nous avons été avisés qu’il n’y aurait pas d’accusation criminelle contre M. Prud'homme », a confirmé l’attaché de presse de la ministre Guilbault, Jean-François Del Torchio. « Les emplois supérieurs effectuent présentement une révision éthique et déontologique. Le processus suit son cours. On ne fera pas de commentaires supplémentaires. »

Quelques heures plus tôt, Geneviève Guilbault prenait l’animateur Paul Arcand par surprise en déclarant que « le DPCP [avait] annoncé qu’il n’y aurait pas d’accusations criminelles qui seront déposées, en mars dernier ».

Cette « annonce » n’a pas été médiatisée, pas plus qu’elle n’apparaît sur le site Web du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). « Il n’y a pas eu de communication publique relativement à ça », a confirmé le porte-parole du DPCP, Jean-Pascal Boucher.

Une seconde enquête, menée par le Secrétariat des emplois supérieurs, est toujours en cours, a déclaré la ministre Guilbault. « On doit faire des enquêtes sur de potentiels manquements éthiques et déontologiques dans le cadre de ses fonctions », a-t-elle dit.

Jean-Pascal Boucher n’a pas souhaité commenter la déclaration de la ministre. « On ne discute pas de ce cas spécifique, considérant que tout le processus qui le concerne [M. Prud’homme] n’est pas terminé », a-t-il déclaré.

La procédure est hautement inhabituelle dans un dossier médiatisé comme celui-ci : les membres du gouvernement laissent habituellement au DPCP le soin d’annoncer publiquement sa décision de retenir, ou non, des accusations contre une personne qui a fait l’objet d’une enquête.

« En aucun cas le politique s’est ingéré dans le processus et celui-ci suit son cours », a assuré Jean-François Del Torchio. « La ministre a répondu en toute transparence à une question qui lui était posée. »

Martin Prud’homme a été relevé provisoirement de ses fonctions le 7 mars 2019, à la surprise générale.

Aucun détail n’avait été fourni sur la nature de l’allégation qui le visait.