Le suspect de Mascouche accusé de meurtre prémédité

La procureure de la Couronne, Me Valérie Michaud, jeudi au palais de justice de Joliette
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La procureure de la Couronne, Me Valérie Michaud, jeudi au palais de justice de Joliette

L’homme qui aurait tué sa conjointe en pleine nuit dans leur résidence familiale de Mascouche en janvier dernier est désormais accusé de meurtre prémédité à la suite de nouvelles informations déposées en preuve jeudi.

« L’enquête a évolué depuis la dernière date de cour, et les nouveaux éléments de preuve nous ont permis de modifier l’accusation », a expliqué la procureure de la Couronne, Me Valérie Michaud.

Menotté, Benoît Cardinal est apparu dans le box des accusés en balayant du regard la salle. Contrairement à sa première comparution, lors de laquelle il avait caché son visage sous ses longs cheveux, l’homme a cette fois fait face à la salle les cheveux attachés, se balançant sur lui-même à quelques reprises durant la brève audience.

Quand un interdit de contact a été prononcé avec certains de ses proches, l’accusé s’est limité à répondre « ouais » lorsque la juge lui a demandé s’il comprenait l’ordonnance.

Preuve

Au cours des dernières semaines, les enquêteurs ont amassé des éléments de preuve qui montreraient que le meurtre de la conjointe de Benoît Cardinal avait été prémédité.

Ce changement de chef d’accusation expose le père de famille à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. M. Cardinal faisait auparavant face à une accusation de meurtre non prémédité.

Le 16 janvier dernier, les policiers ont été appelés sur les lieux pour une présumée introduction par effraction au domicile du couple. L’homme de 33 ans avait été retrouvé blessé à l’arrivée des policiers et aurait tenté de camoufler son crime. Ce n’est qu’en fin de journée que la thèse du meurtre conjugal avait été retenue, après que les policiers eurent rencontré les six enfants du couple, âgés de 1 à 12 ans.

Les six jeunes ont été recueillis par des proches de la famille.

Démission

Dans les jours ayant précédé le meurtre, Benoît Cardinal avait démissionné de son poste d’éducateur spécialisé au Centre jeunesse de Laval à la suite d’un « comportement inapproprié ».

L’homme faisait l’objet d’une enquête interne à cause d’échanges troublants avec une adolescente du Centre jeunesse, selon Le Journal de Montréal. Cette situation aurait créé des tensions dans la vie du couple, qui était ensemble depuis le cégep.

M. Cardinal demeure détenu jusqu’à la prochaine audience prévue le 17 avril au palais de justice de Joliette.