Le père et la belle-mère de la fillette martyrisée à Granby cités à procès

Le décès de la fillette, en avril dernier, avait secoué tout le Québec.
Photo: Pierre Saint-Arnaud Archives La Presse canadienne Le décès de la fillette, en avril dernier, avait secoué tout le Québec.

Deux très longs procès s’annoncent en marge du décès de la fillette de 7 ans de Granby, au printemps dernier.

Le père et la belle-mère de la fillette ont tous deux renoncé à leur enquête préliminaire lundi et ont été cités à procès.

« Les deux parties reconnaissent que la preuve actuellement est suffisante pour tenir un procès. Donc il y a assez de preuve qui serait susceptible de convaincre les membres d’un jury de la culpabilité de ces personnes-là », a expliqué le procureur de la Couronne, Me Claude Robitaille.

   

Me Robitaille dit prévoir six semaines de procès pour présenter la preuve dans chacun des cas, et ce, sans compter l’ajout possible de témoins en défense.

« On a quand même plusieurs témoins. Ce sera à évaluer. C’est sûr qu’il va y avoir un travail qui va se faire en amont à savoir s’il y a des admissions ou des choses du genre, mais pour l’instant quand on regarde l’ensemble de la preuve, on regarde à peu près 30 jours d’audition », a-t-il expliqué.

La plupart de ces témoins seront donc appelés à la barre deux fois et la Couronne n’écarte pas l’idée de faire témoigner les suspects l’un contre l’autre : « C’est toujours une possibilité ; ce sera à vérifier. »

Tout indique que l’on devra choisir 24 jurés puisque c’est l’option retenue par les deux accusés, et la Couronne croit pouvoir trouver des citoyens impartiaux malgré l’abondante couverture médiatique de cette triste affaire.

L’homme de 30 ans et la femme de 36 ans, dont l’identité ne peut pas être dévoilée, ont brièvement comparu lundi dans une minuscule salle remplie au-delà de sa capacité.

La femme, détenue depuis son arrestation, est accusée du meurtre sans préméditation de l’enfant et de séquestration. Le père, lui, fait face à des accusations de négligence ayant causé la mort, d’abandon d’enfant et d’avoir omis de fournir les choses nécessaires à la vie. Il a obtenu une remise en liberté conditionnelle le 5 septembre dernier et se trouvait également sur place.

L’enfant est décédée le 30 avril dernier, au lendemain de sa découverte dans des circonstances extrêmement troublantes au domicile familial.

L’affaire a soulevé l’indignation et a mené le gouvernement Legault à mettre sur pied une commission d’enquête devant se pencher sur l’ensemble du système de protection de la jeunesse.

La suite des procédures a été fixée pour la forme au 30 mars prochain.

Plusieurs ordonnances ont été prononcées afin d’empêcher d’identifier la victime et les témoins et de dévoiler les éléments de preuve au dossier.