Un premier pas vers une meilleure relation entre Autochtones et gouvernement québécois

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, et la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, ont rencontré la presse à l’issue de leur séance de travail.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, et la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, ont rencontré la presse à l’issue de leur séance de travail.

Les Autochtones veulent travailler en collaboration avec Québec pour donner suite aux recommandations des rapports très critiques envers l’État déposés l’an dernier, malgré les tensions des derniers mois. « La relation politique, on y travaillera au moment approprié », a déclaré lundi Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), à l’issue d’une deuxième réunion sur le sujet, à Montréal.

La « table de dialogue » portait sur la mise en œuvre des recommandations de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (commission Viens) et de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Ces exercices ont abouti à 163 recommandations pour Québec.

« On n’a pas de chiffres sur le nombre de chantiers qui pourraient voir le jour, mais on sait qu’il y aura énormément de pain sur la planche dans les prochaines semaines et les prochains mois », a expliqué le chef Picard.

Comme priorité, il a mentionné la protection de la jeunesse, tout en soulignant que les chefs qu’il représente devraient « faire le tri » parmi les nombreuses recommandations. Pour surveiller l’application des mesures qui seront choisies, l’APNQL considère la possibilité de faire appel à la protectrice du citoyen ou encore à des juges de la Cour supérieure.

Également à la table de dialogue, la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, a qualifié la rencontre de « positive et constructive ». Elle a expliqué que les représentants autochtones avaient convenu d’une « structure » en trois axes (relations, services et enjeux politiques) permettant de travailler de « nation à nation ».

La ministre D’Amours a expliqué lundi que l’absence du premier ministre était tout à fait normale, étant donné qu’il s’agissait d’une réunion de travail. « Lorsqu’il y aura des décisions, lorsqu’il y aura des tables de chefs politiques, le premier ministre sera présent », a-t-elle assuré.

La semaine dernière, M. Legault a promis de participer à une rencontre avec les représentants des Premières Nations et des Inuits au printemps.

En décembre, Québec a provoqué l’ire d’organisations autochtones, dont l’APNQL. Le gouvernement a contesté devant les tribunaux une loi fédérale (C-92) visant à reconnaître et à confirmer la compétence des Autochtones dans les services à l’enfance et à la famille. Le gouvernement Legault soutient que ce texte, entré en application le 1er janvier, empiète sur les compétences provinciales.

« Il appartient à la table politique d’en discuter », a établi lundi M. Picard.

Les libéraux et C-92

Aussi de la réunion, le porte-parole libéral en matière d’Affaires autochtones, David Birnbaum, dit avoir constaté « un certain progrès » dans les discussions entre le gouvernement et les Autochtones.

Sur une note plus politique, il déplore en entretien « la façon de faire » de Québec dans le dossier C-92, lui reprochant notamment d’avoir attendu six mois avant de contester la loi sur le point d’entrer en vigueur.

À Québec, son chef s’est cependant dit d’accord sur l’idée de protéger les compétences provinciales.

« J’ai tendance à être d’accord avec le gouvernement [Legault], avec le fait qu’il décide de dire à Ottawa de maintenir la responsabilité du Québec dans ce domaine-là », a dit Pierre Arcand.

Avec Marie-Michèle Sioui et La Presse canadienne