Enquête sur le cautionnement reportée pour l'admirateur de Marc Lépine

La procureure de la Couronne, Me Josiane Laplante, a fait part de son intention de s’opposer à une remise en liberté en invoquant un risque de récidive et la confiance du public envers l’administration de la justice.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La procureure de la Couronne, Me Josiane Laplante, a fait part de son intention de s’opposer à une remise en liberté en invoquant un risque de récidive et la confiance du public envers l’administration de la justice.

Jean-Claude Rochefort, cet admirateur de l’auteur de la tuerie de Polytechnique, reviendra en cour jeudi pour son enquête sur le cautionnement.

Rochefort, 70 ans, devait subir cette enquête mardi matin, puis dans l’après-midi, mais la Couronne et la défense ont dû obtenir une nouvelle date, les parties prévoyant environ trois heures pour la procédure.

Entre-temps, on a pu apprendre de son avocat, Me Marc-Olivier Carrier, que le septuagénaire, accusé d’avoir fomenté la haine envers les femmes, a été jugé apte à comprendre la nature des procédures intentées contre lui à la suite d’une évaluation psychosociale.

La procureure de la Couronne, Me Josiane Laplante, qui prévoit de convoquer un témoin, a fait part de son intention de s’opposer à sa remise en liberté en invoquant, notamment, un risque de récidive et la confiance du public envers l’administration de la justice. La décision sera toutefois entre les mains du juge Pierre Labelle à ce moment.

Rochefort, qui semblait un peu désorienté, n’a donc fait qu’une très brève apparition avant de reprendre le chemin des cellules en attendant la suite des procédures.

Le blogueur, qui a déjà un passé bien documenté en la matière, a été appréhendé jeudi soir à son domicile montréalais après une longue enquête pour le retrouver. Il a été mis en accusation le lendemain, soit le jour même du 30e anniversaire de l’attentat antiféministe à l’école d’ingénierie de l’Université de Montréal.

Jean-Claude Rochefort publiait sous un pseudonyme des articles dans lesquels il faisait non seulement l’apologie du tueur de Polytechnique, mais aussi la promotion de sa sanctification et de la création d’une journée internationale à son nom et ainsi de suite.

Son blogue entretenait des idées voulant que les hommes ne peuvent cohabiter avec les femmes, que celles-ci doivent s’exiler et qu’il faut les assassiner si elles refusent. Il qualifiait le féminisme de cancer et estimait que « toute femme est une ennemie en puissance ».

Jean-Claude Rochefort avait été traduit en justice pour incitation à la haine une première fois il y a dix ans, alors qu’il entretenait toujours le même discours sur le Web, mais l’accusation avait été rejetée puisque la cour ne considérait pas qu’une telle accusation pouvait s’appliquer aux femmes en général. Le Code criminel a depuis été modifié pour étendre la protection contre la propagande haineuse à toute section du public qui se différencie par son sexe, ou encore par l’identité ou l’expression de genre.