Un homme montréalais sur quatre serait en situation de détresse psychologique

<p>Les résultats de l’enquête démontrent qu’il y a beaucoup à faire pour rapprocher les hommes en détresse des ressources qui leur sont accessibles.</p>
Photo: Olivier Zuida Archives Le Devoir

Les résultats de l’enquête démontrent qu’il y a beaucoup à faire pour rapprocher les hommes en détresse des ressources qui leur sont accessibles.

Un homme montréalais sur quatre serait en situation de détresse psychologique probable, mais cette proportion monte à un homme sur deux (52 %) s’il est âgé de 25 à 34 ans, célibataire, à revenu faible et sans emploi.

Une vaste enquête réalisée par la firme SOM pour le compte du Comité régional en santé et bien-être des hommes de l’île de Montréal démontre par ailleurs que l’écrasante majorité des hommes qui sont en situation de détresse psychologique ont consulté un médecin, mais que seulement 17 % d’entre eux se sont tournés vers une ressource psychosociale. Pourtant, les trois quarts d’entre eux l’auraient fait si le médecin les avait orientés dans cette direction, l’influence de ces derniers étant supérieure à celle de la conjointe, de la famille ou des proches.

Les résultats de l’enquête, présentés jeudi par la psychologue et chercheuse Janie Houle, du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, démontrent qu’il y a beaucoup à faire pour rapprocher les hommes en détresse des ressources qui leur sont accessibles.

Bien que les taux de détresse psychologique correspondent en grande partie à ce à quoi l’on s’attendait, la docteure Houle reconnaît avoir été surprise par le score de 43 % de détresse psychologique probable dans l’ensemble des hommes de 25 à 34 ans.

Elle précise que les hommes ont davantage de barrières à la consultation, l’une d’entre elles étant un certain scepticisme face à l’utilité de la démarche. Ce n’est donc pas une surprise si en général les hommes souhaitent qu’une intervention psychosociale leur offre des outils pour sortir de la détresse, et ce, dans un temps relativement court. Ils sont ainsi davantage motivés par la recherche de solutions que de la cause de la détresse.

D’autres obstacles à la consultation sont les coûts des services, même faibles, lorsqu’il y en a et l’accessibilité. Par exemple, il a été démontré qu’un homme qui se heurte à une boîte vocale a de fortes chances de simplement abandonner la démarche.

Les chercheurs ont également identifié un problème particulièrement criant à Montréal, soit que la première crainte des hommes anglophones est de ne pas pouvoir trouver de services dans leur langue.

Bien que ce ne soit pas son mandat, Janie Houle reconnaît volontiers qu’il y a un important besoin de réinvestissement dans les ressources en santé mentale et elle se réjouit, par ailleurs, de l’intention du gouvernement de mettre en place un service d’accessibilité à la psychothérapie. Elle souligne cependant que certaines initiatives ne nécessitent pas de grands investissements, notamment la création d’un site Internet spécialisé pour guider les hommes dans leurs démarches, dont plusieurs répondants à l’enquête ont déploré l’inexistence.

Parallèlement, elle note que le sous-financement des organismes communautaires au cours des dernières années a entraîné son lot de conséquences prévisibles : personnel épuisé, congés de maladie et sous-effectifs dans le réseau.

L’enquête a été réalisée auprès de 1542 hommes en deux temps, soit du 4 au 16 octobre 2018, puis du 28 novembre au 10 décembre 2018.