Secteur public: pas de front commun des grands syndicats

Le président de la FTQ, Daniel Boyer
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Le président de la FTQ, Daniel Boyer

Il n’y a toujours pas de front commun des principaux syndicats des employés des secteurs publics et parapublics pour le renouvellement de leurs conventions collectives. Le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) n’a toutefois pas écarté cette possibilité, lundi, en remettant les premières demandes du syndicat au Conseil du trésor.

« On a consulté sur des bases différentes, on en est arrivés à des demandes qui sont différentes et on n’avait pas tout à fait la même stratégie », a indiqué le président de la FTQ, Daniel Boyer, à l’extérieur de l’édifice qui abrite ce ministère sur Grande Allée, à Québec.

Le syndicat qui représente 52 000 employés du secteur public a exclu pour l’instant les demandes de hausses salariales, préférant que la question se règle d’abord aux tables sectorielles. « Ce n’est pas juste une question salariale, la problématique d’attraction et de rétention dans nos grands réseaux, mais c’est aussi et beaucoup des conditions d’exercice d’emploi », a-t-il affirmé.

Le premier ministre François Legault avait lancé un signal aux syndicats en septembre en disant que les surplus du gouvernement appartenaient aux Québécois et non aux syndicats et qu’ils ne devaient donc pas s’attendre à obtenir une augmentation au-delà de l’inflation.

Seuls les préposés aux bénéficiaires et les enseignants pourraient obtenir une augmentation de salaire au-delà de l’inflation pour pallier la pénurie de main-d’oeuvre en santé et en éducation. L’intention du gouvernement d’accorder des hausses salariales différenciées à certains employés de l’État suscite toutefois un malaise à la FTQ.

« On est ouvert à tout, on est en négociation, on va écouter, mais en même temps, je vous avoue que si on regarde l’historique de nos organisations, il y a une certaine allergie à des augmentations de salaire différenciées », a indiqué M. Boyer en ajoutant qu’il se demandait comment une telle mesure pourrait être appliquée. « On fait quand même un exercice d’équité salariale, de relativité salariale, donc l’ensemble des emplois sont classés, a-t-il fait valoir. Est-ce qu’on va détruire cette relativité salariale en donnant des augmentations de salaire différenciées ? »

Le syndicat attend les données de l’Institut de la statistique du Québec sur la rémunération des salariés de l’État à la fin du mois de novembre pour faire ses demandes salariales. Les conventions collectives des employés de l’État arrivent à échéance le 31 mars 2020.

En 2014 et en 2015, la FTQ avait constitué un front commun avec la Confédération des syndicats nationaux, la Centrale des syndicats du Québec, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec et l’Association du personnel professionnel et technique de la santé et lancé une grève tournante commune.