Québec pressé d’en faire plus pour la protection de la jeunesse

«Il reste encore beaucoup de postes à combler», a reconnu le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Il reste encore beaucoup de postes à combler», a reconnu le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant.

D’autres enfants maltraités pourraient mourir faute de services, comme c’est arrivé à une fillette de Granby en avril, si le gouvernement n’augmente pas considérablement le budget des directions de la protection de la jeunesse (DPJ), a averti mardi l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

« C’est l’inquiétude que nos équipes nous transmettent chaque jour, c’est l’inquiétude des gens qui sont en protection de la jeunesse, c’est aussi l’inquiétude des gens qui sont en première ligne pour donner des services à ces familles et à ces jeunes-là », a affirmé le vice-président de l’APTS, Stephen Léger.

Trois représentants syndicaux ont affirmé en conférence de presse mardi que le personnel des DPJ était surchargé et à bout de souffle. Le nombre de signalements augmente d’année en année. Les intervenants ont dû en traiter 105 644 en 2018-2019, une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente.

L’APTS réclame donc une injection récurrente de 270 millions de dollars par année, c’est presque six fois plus que les 47 millions annoncés en juillet par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, pour faire fondre la liste d’attente.

Or, cet argent a surtout servi à pérenniser des postes temporaires, mais très peu pour en ajouter de nouveaux. « Dans les faits, il n’y a pas de nouveaux bras pour venir aider, a affirmé le représentant national de l’APTS en Estrie, Emmanuel Breton. Donc, le personnel qui était là à Granby cette année, c’est le même personnel qui est là. Il n’y a pas de nouvelles personnes pour les aider et c’est comme ça à la grandeur du Québec. »

Des postes à combler

« Il reste encore beaucoup de postes à combler, a reconnu le ministre Carmant en entrevue au Devoir. Il y a encore des ajouts qu’il reste à faire. » Il a assuré que l’effet des 47 millions de dollars devrait se faire sentir au cours de l’automne.

« Eux demandent 270 millions, ça, c’est plus de 2000 intervenants, a-t-il constaté. Nous, ce qu’on dit, c’est que, oui, c’est important de consolider les services en protection de la jeunesse, mais on veut également travailler en amont. »

Il a fait référence au programme Agir tôt, annoncé en janvier pour le dépistage précoce des troubles d’apprentissage. Il s’agit d’une plateforme en ligne qui réunit des questionnaires pour faire l’évaluation du développement des enfants. Les parents pourraient ainsi être dirigés rapidement vers les services dont leur enfant a besoin au lieu de demeurer sur des listes d’attentes. Le ministre espère ainsi éviter les situations où le manque d’accompagnement d’un enfant finit par aggraver le problème dont il souffre et par mener à un signalement à la DPJ.