Internet rural: Fitzgibbon se fait rassurant

«Cela ne va pas ralentir le branchement à Internet des 340 000 foyers qui n’en ont pas», promet le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Cela ne va pas ralentir le branchement à Internet des 340 000 foyers qui n’en ont pas», promet le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

La décision de Bell Canada de réduire les dépenses pour le déploiement d’Internet en région éloignée devrait avoir une incidence « minime » au Québec, selon le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

« L’impact sur les foyers québécois est très très minime », a dit M. Fitzgibbon en entrevue au Devoir, avant de préciser que son gouvernement allait « de toute façon » lancer un programme pour s’assurer de brancher tout le monde.

Cette semaine, Bell Canada a annoncé qu’elle sabrerait son programme d’expansion en milieu rural, ce qui pourrait affecter 200 000 foyers au Canada et a suscité beaucoup d’inquiétudes au Québec.

L’entreprise disait agir en réaction à la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) de baisser les tarifs pour les concurrents qui utilisent ses infrastructures.

Or, cela ne va pas ralentir le branchement à Internet des 340 000 foyers qui n’en ont pas, promet le ministre de l’Économie. Dans le pire des cas, dit-il, le gouvernement du Québec pourrait avoir à payer plus cher pour y arriver, puisque Québec, Ottawa et les télécoms se partagent la facture. « On le paiera nous autres au complet, s’il le faut. […] Ça change juste le montant que nous, on va avoir à débourser. »

De plus, selon nos informations, la décision de Bell toucherait surtout d’autres régions du Canada, notamment des secteurs très éloignés dans le nord.

Chez Bell, on n’a rien voulu confirmer jeudi. « On n’a pas encore établi le plan exact sur la localisation », a déclaré sa porte-parole Caroline Audet jeudi, en fin de journée.

Pendant ce temps, cet enjeu très sensible en région rebondissait au Parlement. « Ça fait des années qu’on allonge des centaines de millions de dollars de fonds publics pour que Bell et Vidéotron fassent des profits et donnent un mauvais service trop cher », s’indignait le co-porte-parole de Québec Solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, jeudi.

Du côté de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui avait soulevé des inquiétudes à ce sujet plus tôt cette semaine, on semblait également plus optimiste jeudi. « On ne sait pas encore qui ça va toucher. Ce que ça nous prouve, c’est qu’il faut être plus autonomes », faisait valoir son président, Jacques Demers.

Nouveau programme

Ces mouvements dans l’industrie surviennent au moment où Québec élabore un nouveau programme pour brancher les secteurs mal desservis à haute vitesse.

Ce nouveau programme serait basé sur les besoins des MRC. Des critères plus sévères dans les appels d’offres forceraient les fournisseurs d’Internet à répondre à l’ensemble des besoins.

Quant aux 82 projets de branchement qui étaient en attente dans le programme développé par l’ancien gouvernement (Québec Branché), la plupart ont été lancés ces derniers mois, a signalé le ministre. « On est à 95 % signé et le déploiement a commencé. »

En campagne électorale, la CAQ avait promis de brancher tous les Québécois à la haute vitesse d’ici la fin du mandat. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement parle plutôt d’allouer des contrats à des compagnies d’ici 2022 pour que ce soit fait.

Mais, étant donné qu’Ottawa est un partenaire financier, une partie des nouveaux fonds ne seront pas disponibles dès cet automne à cause de la tenue des élections fédérales, concède le ministre. « Mais je vais quand même annoncer des programmes [avant] parce que je ne veux pas qu’on attende toujours après les autres », a-t-il ajouté.