La peine de prison de l’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest réduite de 21 mois

La Cour d’appel a acquitté Bertrand Charest de neuf chefs d’accusation.
Illustration: Mike McLaughlin La Presse canadienne La Cour d’appel a acquitté Bertrand Charest de neuf chefs d’accusation.

Malgré une réduction du nombre de mois que passera derrière les barreaux l’ancien entraîneur de ski Bertrand Charest, sa peine demeure exemplaire, soutient une victime, en soulignant que les accusations les plus graves de crimes sexuels ont été maintenues par la Cour d’appel.

« La peine est exemplaire », mentionne l’ancienne skieuse Geneviève Simard. « Je pense à la jurisprudence que nous avons créée en dénonçant notre agresseur il y a plus de 4 ans », ajoute l’athlète qui avait levé le voile sur son identité en juin dernier.

Le plus haut tribunal de la province a accueilli en partie l’appel de l’ex-entraîneur jeudi. M. Charest a vu sa peine d’emprisonnement réduite de 21 mois par la Cour d’appel du Québec.

« Il serait injuste de laisser la peine totale à 12 ans », écrivent les juges François Doyon, Nicholas Kasirer et Marie-Josée Hogue.

Au total, 16 des 37 accusations contre M. Charest ont été confirmées par la Cour d’appel. Le tribunal l’a cependant acquitté de neuf chefs concernant l’exploitation sexuelle, puisque lors de son procès, il n’a pas été prouvé que les plaignantes étaient bel et bien mineures au moment de l’infraction reprochée.

Les trois juges ont également annulé un chef d’agression sexuelle concernant des gestes commis lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande avec une plaignante. « Les tribunaux canadiens n’ont pas compétence sur [ce] chef », ont-ils noté dans leur jugement de 40 pages. La Cour d’appel a également prononcé une suspension conditionnelle sur neuf chefs, puisque l’ancien entraîneur n’aurait pas dû être reconnu coupable à de multiples accusations pour un même événement. Finalement, le tribunal a ordonné un arrêt de procédures sur deux autres chefs d’exploitation sexuelle.

Dans le cadre de cet appel, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait reconnu que des erreurs de droit avaient été commises et avait indiqué que M. Charest devrait être acquitté ou obtenir un nouveau procès pour certains chefs d’accusation. La Couronne estimait toutefois que la peine d’incarcération de 12 ans devait être maintenue puisque le nombre de victimes demeurait le même.

Retour au pénitencier

La réduction du nombre de jours à passer derrière les barreaux survient donc à la suite de cette diminution des chefs retenus contre M. Charest.

L’ancien entraîneur, qui avait été remis en liberté en attendant la décision de son appel, devra retourner au pénitencier, même s’il voit sa peine réduite de 12 ans à 10 ans et trois mois. Il lui reste quatre ans et neuf mois à purger.

Malgré cette révision, la peine demeure sévère selon l’avocat criminaliste Charles B. Côté. « Ça demeure une sentence forte et exemplaire », dit Me Côté.

« Ce n’est pas une victoire pour M. Charest qui cherchait à diminuer considérablement la sentence qui lui avait été imposée », rappelle-t-il.

Au terme d’un procès très médiatisé qui a duré trois mois, M. Charest avait été reconnu coupable en juin 2017 de 37 chefs d’accusations de crimes sexuels sur neuf skieuses dans les années 1990, alors qu’elles étaient âgées de 12 à 19 ans. Le juge Sylvain Lépine de la Cour du Québec l’avait condamné à purger une peine de douze ans de pénitencier.

Le juge Lépine a décrit le comportement de Bertrand Charest comme celui d’un « véritable prédateur ». « L’accusé a agi comme un véritable prédateur, tissant sa toile soigneusement pour y attirer des jeunes femmes, adolescentes, et exercer sur elles un ascendant total », a-t-il conclu dans son verdict. « Sa recherche du plaisir sexuel n’avait aucune limite, alors qu’il était en situation d’autorité sur ces jeunes espoirs canadiens du ski de compétition. »