Le cannabis, de la serre à votre table

Une fabrique de biscuits au cannabis. De tels produits ne pourront pas être vendus dans les magasins de la SQDC lorsqu’ils seront devenus légaux, en octobre prochain.
Photo: Brennan Linsley Associated Press Une fabrique de biscuits au cannabis. De tels produits ne pourront pas être vendus dans les magasins de la SQDC lorsqu’ils seront devenus légaux, en octobre prochain.

L’Association québécoise du cannabis (AQC) a dénoncé jeudi l’approche du gouvernement Legault, qui demeure l’une des plus sévères au pays. Le gouvernement veut interdire la vente de bonbons, de chocolat et de desserts dans les magasins de la Société québécoise du cannabis (SQDC), qui seront pourtant légalisés partout au pays dès la mi-octobre.

« Le Québec a décidé de faire complètement bande à part », a critiqué le président de l’Association québécoise de l’industrie du cannabis, Michel Timperio. « Ce que le Québec fait présentement, carrément c’est d’interdire les [produits] comestibles, et il le fait totalement au profit du crime organisé ou au profit de l’industrie canadienne », a-t-il ajouté.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, veut bannir les produits attrayants pour les enfants afin d’éviter les intoxications involontaires. La liste de produits que la SQDC pourra vendre semble donc bien courte. « On va travailler avec le ministère de la Santé pour voir quels produits nous pourrons offrir », a indiqué le porte-parole de la SQDC, Fabrice Giguère.

Lors d’une entrevue avec Le Devoir mercredi, le ministre Carmant a donné l’exemple de boissons contenant du THC qui pourraient se retrouver en magasin. D’ailleurs, la seule entreprise de l’industrie qui a applaudi à la démarche québécoise est Province Brands of Canada, qui produit une bière non alcoolisée à base de cannabis.

Le Québec a décidé de faire complètement bande à part

Une recherche en ligne a permis de constater que d’autres types de produits de cannabis comestibles qui ne sont pas attrayants pour les enfants sont offerts dans certains États américains, comme du thé, des céréales et de l’huile d’olive.

Si la Colombie-Britannique et la Saskatchewan ont choisi de se fier à la réglementation fédérale pour encadrer le cannabis comestible, d’autres provinces n’ont pas encore décidé si elles vont le restreindre à l’instar du Québec. C’est le cas de la Nouvelle-Écosse, du Manitoba et de l’Alberta, où les règles d’Ottawa sont toujours à l’étude.

Le Devoir n’a pas été en mesure d’obtenir une réponse des gouvernements de Terre-Neuve-et-Labrador, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario.

Ottawa interdit déjà à l’industrie de vendre des bonbons qui seraient attrayants pour les enfants, mais le projet de réglementation québécoise est plus détaillé. Il limite, entre autres, la quantité de THC à 5 mg par unité et à 10 mg par emballage, alors que Santé Canada a uniquement fixé la limite à 10 mg par emballage. Le gouvernement Legault veut également restreindre la quantité de THC à 30 % dans les extraits de cannabis qui pourront être vendus légalement cet automne et il ne permettra pas les crèmes.

Le Québec demeure l’une des provinces les plus sévères en matière de réglementation du cannabis. Le gouvernement Legault veut hausser l’âge minimal requis pour consommer cette drogue de 18 à 21 ans. L’âge légal pour acheter du cannabis est de 19 ans dans toutes les autres provinces, à l’exception de l’Alberta. La marijuana récréative est légale au Canada depuis le 17 octobre 2018. Même s’ils seront légaux un an jour pour jour après cette date, les produits comestibles ne seront pas disponibles en magasin avant la mi-décembre.