Bertrand Charest plaide sa cause devant la Cour d’appel

Bertrand Charest est devant la Cour d’appel pour les deux prochains jours.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Bertrand Charest est devant la Cour d’appel pour les deux prochains jours.

L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest a eu un procès, mais il n’a pas été jugé selon la loi, a fait valoir son avocat devant la Cour d’appel, mardi matin.

L’homme y conteste son verdict de culpabilité et la peine qu’il a reçus pour des agressions sexuelles commises sur de jeunes athlètes.

Au sujet du jugement par lequel son client a été reconnu coupable, Me Louis Belleau a parlé d’une « abondance d’erreurs » et d’un dysfonctionnement du système de justice.

Devant les trois juges de la Cour d’appel, il a dressé une longue liste de ce qu’il considère être des erreurs, qui ont mené à la condamnation de son client sur 37 chefs d’accusation.

Le juge Sylvain Lépine de la Cour du Québec ne s’est pas livré à l’exercice exigeant de vérifier la situation de chaque plaignante, a ajouté Me Belleau.

Par exemple, Charest a été déclaré coupable de contacts sexuels sur des mineures alors que l’âge de certaines plaignantes au moment des infractions n’avait pas été établi devant le juge.

Bertrand Charest n’avait pas à être présent en Cour mardi et il ne l’était pas.

En juin 2017, il avait été déclaré coupable pour des actes de nature sexuelle posés dans les années 1990 sur neuf athlètes. Il avait notamment eu des relations sexuelles complètes avec certaines des adolescentes, alors qu’il était en position d’autorité sur elles. L’une d’entre elles est devenue enceinte et Charest l’avait amenée se faire avorter. Son avocat a plaidé mardi matin qu’il n’y avait pas de preuve que son client était responsable de cette grossesse.

Au terme de son procès, il avait reçu une peine de 12 ans de pénitencier. Le juge Sylvain Lépine avait alors qualifié ses gestes d’« inexcusables » et de « criminels ».

Mais après sa condamnation, la Couronne avait concédé que 20 des 37 chefs sur lesquels il a été déclaré coupable devaient tomber, pour diverses raisons, dont une absence de preuve sur certains chefs et aussi, une absence de juridiction du juge dans le cas d’une agression qui se serait déroulée en Nouvelle-Zélande.

Au total, la Couronne concède huit acquittements, deux nouveaux procès et dix arrêts conditionnels des procédures, est-il rappelé dans le jugement qui l’a remis en liberté en mars dernier, dans l’attente du résultat de son appel.

Il avait passé environ quatre ans en prison, soit depuis son arrestation en 2015.

Deux jours ont été prévus en Cour d’appel pour les plaidoiries. Mais les avocats ayant déballé leurs arguments plutôt rapidement mardi matin, il est possible que la seconde journée ne soit pas nécessaire.