Rigaud étranglée par les coûts d’hébergement de ses sinistrés

Inondations à Rigaud, le vendredi 26 avril 2019
Photo: Catherine Legault Le Devoir Inondations à Rigaud, le vendredi 26 avril 2019

Les niveaux d’eau ont beau être en baisse à Rigaud, quelque 208 personnes sont toujours hébergées dans des hôtels. Mais contrairement à 2017, Québec ne ramasse pas l’entièreté de la facture liée à l’hébergement d’urgence ; une situation qui met la santé financière de la municipalité en péril, déplore le maire Hans Gruenwald Jr.

« Je demande au gouvernement Legault de réviser sa position sur l’hébergement pour que ce soit comme en 2017 »,a réclamé M. Gruenwald, en marge d’un point de presse vendredi à Rigaud, en Montérégie.

Selon Chantal Lemieux, directrice générale de la municipalité de Rigaud, la Ville a été informée une semaine après le début des inondations que le régime en place en 2017 ne tenait plus. Disant lancer un « cri du coeur », le maire a rappelé que cette décision ne sera pas sans conséquence pour la petite municipalité de 8000 habitants et ses sinistrés.

Un quart de million

Depuis le début des inondations il y a cinq semaines, les coûts liés à l’hébergement d’urgence et au soutien alimentaire ont atteint 1 million dans la municipalité.

Québec s’est engagé à rembourser 75 % de la facture, et les 25 % restants seront à la charge de la municipalité.

En date de vendredi, la municipalité devrait donc débourser 250 000 $. Et la facture continue de grimper. Les mesures d’urgence sont toujours en vigueur à Rigaud.

« On n’est pas du tout dans la phase de rétablissement. Il y a des gens qui vont être hébergés pendant des mois. Le montant va être astronomique », a souligné Chantal Lemieux. En 2017, certains sinistrés étaient demeurés à l’hôtel pendant 14 mois.

Le maire Gruenwald déplore également que l’entente qui lie la municipalité au gouvernement soit renouvelée toutes les deux semaines, et ce, pour un maximum de trois renouvellements. « On va de 15 jours en 15 jours. Je dois dire à des citoyens au 14e jour que peut-être ils ne seront pas logés le lendemain. »

Le soutien financier de Québec est ainsi garanti jusqu’au 31 mai. « S’il n’y a pas de changements, on devra payer 100 % des frais d’hébergement [après cette date]. On est très très préoccupés », a laissé tomber Mme Lemieux.

Les coûts de l’hébergement temporaire sont estimés actuellement à environ 100 000 $ par semaine.

Résidences étudiantes

Soucieuse de faire diminuer la facture, la Ville relogera une partie des sinistrés logés dans des hôtels au collège Bourget, dans le centre de Rigaud.

Dès lundi, 30 chambres à petits prix pourront être occupées par des sinistrés. Et à mesure que les étudiants partiront pour l’été, d’autres chambres seront mises à la disposition des personnes évacuées.

Également à compter de lundi, la municipalité cessera d’offrir une aide alimentaire aux sinistrés logés chez des amis et de la famille. Cette aide représente, par semaine, 100 $ par famille, plus 40 $ par membre supplémentaire de la famille. Près de 190 personnes bénéficient actuellement de cette aide alimentaire.

Des discussions sont en cours entre la municipalité et Québec sur le partage de la facture. Sur Twitter, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a fait valoir que le gouvernement caquiste « est proactif » depuis le début des inondations.

« Déjà 19 millions alloués, 4000 dossiers ouverts et nous demeurons en communication constante avec les autorités municipales concernant la gestion du rétablissement », a-t-elle déclaré.