APTS: des négociations à venir et d’autres situations à gérer

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Le syndicat est présentement à la recherche de solutions pour améliorer les conditions de travail de ses membres.
Photo: Getty Images Le syndicat est présentement à la recherche de solutions pour améliorer les conditions de travail de ses membres.

Ce texte fait partie du cahier spécial Fête des travailleurs

En mars 2020, la convention collective des membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) arrive à terme. Le syndicat se prépare donc et consulte ses membres sur les demandes qui devraient être formulées au gouvernement. L’APTS a aussi d’autres préoccupations. Aperçu.

La réforme en santé libérale de 2014 à 2018 a été éprouvante pour les 55 000 membres de l’APTS. Surcharge de travail, épuisement professionnel, détresse psychologique, manque d’écoute des besoins du personnel ont été maintes fois déplorés par le syndicat. En vue des négociations à venir, la présidente du syndicat, Carolle Dubé, compte œuvrer sur plusieurs fronts pour améliorer les conditions de travail de ses membres.

« Une de nos revendications les plus importantes sera de rendre les lieux de travail plus sains, dit Mme Dubé. La pénurie de main-d’œuvre actuelle place nos membres dans une situation de surcharge de travail qui est devenue très difficile à vivre. Les conditions de pratique doivent être améliorées. »

L’APTS compte aussi demander de meilleurs salaires pour ses membres. Les demandes à ce chapitre devraient être connues à l’automne prochain.

Au chapitre des soins et services à domicile, le gouvernement a prévu plus d’argent pour développer davantage ce secteur, ce que l’APTS applaudit. « Cependant, il faudra aussi améliorer la façon dont les services sont dispensés. Sans quoi, il pourrait être difficile de trouver le personnel supplémentaire », affirme la présidente du syndicat.

Améliorer la sécurité de certains lieux de travail

Certaines revendications ne peuvent toutefois attendre le renouvellement de la convention. C’est le cas de la violence vécue au quotidien par les travailleuses dans les centres de réadaptation en déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme (CRDITSA). C’est qu’environ 7 % des personnes atteintes du trouble de spectre de l’autisme (TSA) peuvent avoir des troubles graves de comportement (TGC). Et les 6000 éducatrices, psychoéducatrices, ergothérapeutes, travailleuses sociales et orthophonistes qui travaillent dans les CRDITSA peuvent en être victimes. La situation est si grave que les congés de maladie ont bondi de 49 % de 2006 à 2016 dans les résidences à assistance continue (RAC), où résident les cas lourds de TSA et de déficience intellectuelle. Un reportage de Radio-Canada du 19 septembre 2018 en faisait état. Pour dénoncer cet état de fait, l’APTS lançait donc l’automne dernier la campagne Cessons de banaliser la violence envers le personnel.

« Il faut plus de sécurité dans ces milieux de travail, affirme Mme Dubé. Nous avons aussi de plus en plus de jeunes atteints de troubles de comportement dans les centres jeunesse. Là aussi, les conditions de pratique deviennent plus difficiles. Avec le ministère de la Santé, nous sommes présentement à la recherche de solutions. »

Moins d’heures de travail

Du côté des laboratoires médicaux, où travaillent 6200 technologistes médicales membres de l’APTS, la situation n’est pas rose non plus. L’allongement des heures de travail de 9 à 12 heures, causé par la pénurie de personnel, a entraîné stress, épuisement et départs anticipés à la retraite, notamment. L’APTS a donc profité de la Semaine nationale du laboratoire médical (en cours du 22 au 28 avril) pour lancer la campagne « J’en peux pu ! ».

« Des employés sont forcés de faire des heures supplémentaires », dit Carolle Dubé. Une situation qui est donc similaire à celle vécue par le personnel infirmier. La ministre de la Santé Danielle McCann a annoncé récemment une réforme du projet OPTILAB comportant une réduction du nombre d’analyses, mais cela a laissé l’APTS sur sa faim, car cette réorientation ne mentionne aucun ordre de grandeur, aucun chiffre. Rappelons que François Legault s’était prononcé contre le projet OPTILAB en campagne électorale.

Un problème datant des libéraux

Le problème avec le projet OPTILAB remonte cependant à 2015, lorsque le ministre de la Santé Gaétan Barrette a annoncé que les examens en laboratoire allaient dorénavant être centralisés dans certains lieux. Cela supposait le transport de prélèvements à des endroits éloignés où ceux-ci ont été effectués et comportait le risque que des spécimens soient périmés, dénonçait alors l’APTS.

Malgré l’annonce d’une réforme par la ministre McCann, le projet OPTILAB semble toutefois suivre son cours avec l’annonce, en mars dernier, de la construction de deux nouveaux laboratoires, sur le modèle OPTILAB, à Boisbriand et à Brossard.