FNEEQ: des propositions pour encadrer la formation à distance

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
Au gouvernement, on juge que le Québec prend du retard dans l’offre de formation à distance.
Photo: Getty Images/iStockphoto Au gouvernement, on juge que le Québec prend du retard dans l’offre de formation à distance.

Ce texte fait partie du cahier spécial Fête des travailleurs

Avec l’arrivée fracassante des cours en ligne, des webinaires, des MOOC (formations en ligne, ouvertes à tous) et la création prochaine du eCampus Québec, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) a ressenti le besoin de faire le point sur la formation à distance. Caroline Quesnel, sa présidente, présentera, les 1er, 2 et 3 mai prochains lors d’un conseil fédéral réunissant les 101 syndicats de la FNEEQ, toute une série de propositions visant à encadrer cette nouvelle réalité qu’est l’enseignement à distance.
 

« Notre position n’est pas de nier la présence de la technologie, mais d’encadrer et de baliser l’enseignement à distance », explique la présidente. Bien sûr, parce que la croissance est extrêmement rapide et que les enjeux sont énormes. Aujourd’hui, dans les universités et les cégeps, l’offre est déjà importante, mais elle commence à apparaître aussi au primaire et au secondaire.
 

Effectivement, dans certains collèges privés, on a évoqué récemment la possibilité d’offrir des activités à distance lors des journées de tempête. Au secondaire, on étudie cette nouvelle forme d’enseignement pour l’offrir dans les concentrations sport-études ou encore à des élèves incapables de se déplacer pour une raison ou une autre. Arrivent aussi dans le dossier « des compagnies privées qui s’improvisent en offrant des cours à distance. On a déjà des préparations aux examens d’entrée qui existent sous cette forme », s’inquiète Caroline Quesnel, dont la fédération représente tous les tuteurs de la TELUQ, la doyenne des télé-universités, qui a fait ses preuves en diplômant de nombreux étudiants depuis 1972. Les enseignants de Cégep à distance sont eux aussi syndiqués à la FNEEQ.
 

Les réseaux collégial et universitaire présentent chacun des caractéristiques particulières et il semble important pour la FNEEQ de les aborder différemment. « Du côté des universités, on assiste à un développement inégal et incohérent », affirme Caroline Quesnel, qui considère que « le premier enjeu, c’est la compétition entre établissements ». Pour la FNEEQ, cette compétition ne peut être que néfaste. C’est la raison pour laquelle la Fédération suggère dans ses propositions defendre l’autonomie des universités dans leur offre de formation à distance tout en s’opposant à toute forme d’uniformisation ou de standardisation de cette offre.
 

A contrario, en ce qui concerne les cégeps, la FNEEQ recommande le maintien d’une diversité dans l’offre de cours et de programmes, avec une préoccupation particulière pour les régions, « pour que leurs établissements ne deviennent pas des succursales des grands cégeps montréalais ». En effet, au niveau collégial, « il existe déjà une cohérence dans le réseau puisqu’on y décerne un diplôme national avec une formation qui permet aux étudiants de passer d’un établissement à un autre », explique Caroline Quesnel.
 

La démarche de la FNEEQ a pour but de défendre la qualité des emplois et par conséquent la qualité de la formation des jeunes, affirme la présidente.
 

Au gouvernement, on juge que le Québec prend du retard dans l’offre de formation à distance. Toutefois, « personne n’en souffre en ce moment », affirme-t-elle, ajoutant qu’« on peut voir actuellement la formation à distance comme un complément à l’enseignement présentiel, et il est important de respecter le choix des étudiants et des enseignants de s’y soumettre ou pas ».
 

Dans cet enjeu important qu’est la formation à distance, la FNEEQ veut avoir son mot à dire, et en tant que fédération, elle « va prendre des positions pour défendre la qualité de la formation avec ouverture et transparence », conclut Mme Quesnel.