Mieux comprendre les risques d’inondation

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir

Ce texte fait partie du cahier spécial Inondations

« C’est difficile de comprendre le risque réel de voir sa propriété inondée parce qu’on se concentre aujourd’hui sur le risque annuel, explique Émilie Charbonneau, ingénieure en environnement, rattachée au Bureau de projet de gestion des risques d’inondation (BPGRI) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). On devrait présenter ce risque sur une période plus longue afin que chacun puisse déterminer s’il est prêt ou non à le prendre. »

Ainsi, voir un risque de crue de récurrence 20 ans ne signifie pas que l’on risque une fois tous les vingt ans en moyenne d’être inondé, mais plutôt que chaque année, il y a une chance sur vingt d’avoir les pieds dans l’eau, soit 5 % de risque que cela se produise. Mais si l’on ramène cette statistique sur 25 ans, soit la durée d’une hypothèque moyenne, le risque est alors de 72 % d’avoir au moins une inondation durant cette période.

« C’est un calcul mathématique tout simple très utilisé par les statisticiens et qui permet de projeter le risque sur le long terme plutôt que dans une perspective annuelle, note Mme Charbonneau. Pour la population, comme pour les décideurs, c’est plus parlant ainsi. »

Les nouveaux outils de cartographie que la CMM est en train de mettre au point privilégieront donc la communication du risque sur la longue durée.