L’ancien entraîneur de ski Bertrand Charest remis en liberté par la Cour d’appel

L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest
Illustration: Mike McLaughlin La Presse canadienne L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest

L’ancien entraîneur de ski Bertrand Charest, reconnu coupable d’agression sexuelle sur neuf jeunes skieuses, a été remis en liberté lundi en attendant la décision de son appel.

« [M. Charest] ne présente ni un risque de fuite ni un risque de commettre une autre infraction », souligne le juge Martin Vauclair, qui avait refusé une demande similaire en décembre 2017.

L’ex-entraîneur a été reconnu coupable en juin 2017 de crimes sexuels sur neuf skieuses dans les années 1990, alors qu’elles étaient âgées de 12 à 19 ans. Il était incarcéré depuis son arrestation, le 11 mars 2015.

Au terme d’un procès très médiatisé qui a duré trois mois, l’homme a été condamné par le juge Sylvain Lépine, de la Cour du Québec, à purger une peine de douze ans de pénitencier. Le comportement de Bertrand Charest avait été décrit par le juge Lépine comme celui d’un « véritable prédateur ».

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Nombre d’années que Bertrand Charest devait passer dans un pénitencier

L’ancien entraîneur de ski n’avait pas tardé à faire appel du verdict ainsi que de la sentence. Bertrand Charest soutient que la preuve contre lui a mal été évaluée par le juge de première instance. L’ancien entraîneur de ski lui reproche notamment d’avoir procédé à une « analyse en bloc » sur la question du consentement relativement aux accusations d’agression sexuelle.

La Couronne reconnaît ses erreurs

C’est dans le cadre de cet appel que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait reconnu avoir commis des erreurs de droit et avait indiqué que M. Charest devrait être acquitté ou obtenir un nouveau procès pour certains chefs d’accusation.

« Au total, [le DPCP] concède huit acquittements, deux nouveaux procès et dix arrêts conditionnels des procédures », note le juge Vauclair.

Ces admissions du ministère public ont motivé M. Charest à déposer cette nouvelle requête de remise en liberté.

« Il y a manifestement un changement important de circonstances qui autorise [M. Charest] à présenter une nouvelle demande et qui permet à un juge de la Cour de s’en saisir », indique le juge Vauclair.

Le DPCP a tenté de maintenir l’incarcération de M. Charest sans succès.

« Le nombre de victimes demeure le même, chacune étant visée par d’autres chefs d’accusation », a fait valoir la Couronne.

Le juge Vauclair explique dans sa décision que ces changements de circonstances « ont un impact plus que minimal ».

« Il est au surplus raisonnable de croire que les concessions du ministère public auront un impact sur la peine, même si l’impact réel est difficile à mesurer », écrit-il, « […] rien ne justifie à ce moment-ci [que M. Charest] attende en détention le résultat de son appel ».

Il conclut que M. Charest a démontré qu’il peut être remis en liberté. Si son appel est rejeté, M. Charest devra immédiatement se livrer aux autorités carcérales pour purger le restant de sa peine, indique le juge.

Conditions à respecter

Durant sa remise en liberté, l’ancien entraîneur de ski devra demeurer à Mont-Tremblant. Un couvre-feu entre 22 h et 6 h lui a été imposé. C’est son père qui s’est porté garant du respect de ses conditions. Il lui est interdit de se trouver en présence d’une personne mineure.

M. Charest ne pourra communiquer avec les neuf plaignantes et plusieurs des témoins au procès.

En juin dernier, certaines des victimes de Bertrand Charest ont levé le voile sur leur identité pour sensibiliser le public aux agressions sexuelles dans le milieu sportif.

Les anciennes skieuses Geneviève Simard, Gail Kelly, Amélie-Frédérique Gagnon et Anna Prchal étaient notamment sorties de l’ombre. Celles-ci n’ont pas souhaité commenter le dossier lundi, puisqu’il est toujours devant les tribunaux.