Nouveaux critères pour gérer les appareils de loterie vidéo

Jean-François Biron, chercheur à la Direction régionale de santé publique de Montréal, estime que les nouveaux critères représentent «un pas dans la bonne direction».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jean-François Biron, chercheur à la Direction régionale de santé publique de Montréal, estime que les nouveaux critères représentent «un pas dans la bonne direction».

Le Conseil des ministres a approuvé de nouveaux critères permettant d’établir les secteurs où Loto-Québec peut installer des appareils de loterie vidéo (ALV) — une des formes de jeu les plus préoccupantes pour la santé publique. La société d’État affirme favoriser le « jeu responsable », mais des doutes subsistent sur l’impact réel du changement.

Les nouveaux ALV seront désormais autorisés dans des quartiers où « l’indice de défavorisation matérielle de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) [est] égal ou inférieur à celui de la moyenne régionale du secteur ». La société d’État remplace ainsi deux autres critères qui étaient utilisés depuis 2011 pour autoriser ou non l’offre d’appareils de loterie vidéo : le revenu moyen et le pourcentage de ménages à faible revenu du quartier.

« Ces critères ont été revus et raffinés afin qu’ils correspondent mieux à la réalité d’aujourd’hui, tout en tenant compte des disparités régionales », indique Patrice Lavoie, directeur des affaires publiques à Loto-Québec. La société d’État s’est engagée en 2016 à « resserrer l’encadrement des ALV et à en diminuer le nombre ». Depuis, le parc d’ALV est passé de 11 063 à moins de 10 000 en décembre 2018.

Jean-François Biron, chercheur à la Direction régionale de santé publique de Montréal, estime que les nouveaux critères représentent « un pas dans la bonne direction ». « Mais quel sera l’impact de ces nouveaux critères sur l’offre d’appareils de loterie vidéo ? On ne le sait pas », dit-il.

Il estime que Loto-Québec devrait tenir compte du nombre de personnes vivant seules — qui sont plus à risque d’avoir des problèmes de jeu. De plus, Loto-Québec établit le nombre limite d’ALV par quartier en tenant compte de la population qui vient travailler durant la journée, pour les quartiers faiblement peuplés. Cette pratique peut « fausser la donne », estime Jean-François Biron.

« L’objectif est toujours de prendre en compte la donnée de population la plus pertinente (celle qui est la plus représentative du bassin de clientèle potentielle), afin d’avoir le portrait le plus juste de la réalité du secteur», fait valoir Patrice Lavoie, de Loto-Québec.