80 lits de plus pour accueillir des sans-abri à Montréal

Stéphane Houle et Richard Dominique s’occupent de l’entretien dans le nouveau centre d’hébergement de l’ancien Royal Victoria.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Stéphane Houle et Richard Dominique s’occupent de l’entretien dans le nouveau centre d’hébergement de l’ancien Royal Victoria.

Alors que le froid se fait terriblement mordant, ce sont 80 lits de plus qui accueillent depuis deux nuits des personnes sans abri à Montréal, dans un nouveau refuge temporaire.

Installé dans un édifice vide faisant partie de ce qui était l’hôpital Royal Victoria au centre-ville de la métropole, le refuge dit « de débordement » permet à ceux qui se sont heurtés à des centres pleins de passer la nuit au chaud. Il sera ouvert jusqu’au 15 avril.

Les femmes et les hommes y sont hébergés dans des espaces distincts, et les personnes transgenres choisissent dans quelle section elles veulent dormir. Les lieux sont adaptés aux personnes en fauteuil roulant et peuvent accueillir les itinérants ayant des problèmes de consommation et de santé mentale.

De plus, les animaux sont acceptés et peuvent dormir à côté du lit de leurs maîtres, un plus lorsque l’on sait que des sans-abri préféraient passer la nuit dehors par grand froid plutôt que de laisser leur animal seul.

Lors de sa première nuit d’activité (de mardi à mercredi), le nouveau refuge hivernal a accueilli 31 personnes, et lors de celle de mercredi à jeudi, alors que le mercure a chuté sous la barre des moins 20 degrés, 62 personnes y ont dormi — surtout des hommes.

L’endroit est un peu plus à l’écart que les secteurs de la ville où les personnes itinérantes se trouvent généralement, mais lorsqu’elles vont chercher une place dans un refuge plein, elles sont amenées au pavillon Ross du Royal Victoria en navette.

Ces 80 places s’ajoutent aux 957 déjà disponibles dans plusieurs refuges de la ville, qui sont toutefois souvent à pleine capacité.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, la mairesse Valérie Plante et Samuel Watts, de la Mission Bon Accueil, ont visité les installations jeudi matin.

Le projet a été ficelé en moins de 30 jours, lorsque les besoins se sont fait sentir, s’est réjoui M. Watts.

« Personne ne doit être contraint de passer la nuit à l’extérieur par manque de lits, encore moins lors des longs mois d’hiver que l’on connaît, dans le froid et l’insécurité », a déclaré la ministre McCann.