La route du chantier de la Romaine bloquée par les Innus de Nutashkuan

Le chantier hydroélectrique de la rivière Romaine
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chantier hydroélectrique de la rivière Romaine

Le chantier hydroélectrique de la rivière Romaine n’est plus accessible depuis mercredi matin, bloqué par les Innus de Nutashkuan. Ils manifestent depuis une semaine près du terrain pour demander à Hydro-Québec une nouvelle entente sur le déboisement.

Les membres de la communauté innue de Nutashkuan ont installé un campement il y a sept jours sur un terrain au coin de la route 138 et de l’unique chemin donnant accès au chantier de la rivière Romaine. Dès 9 h mercredi, ils ont accentué la pression, en bloquant complètement le chemin.

« On bloque le chantier, car on trouve les propositions d’entente inacceptables et insuffisantes. […] On est tannés, on est écœurés par la situation. On est chez nous ici ! » a fait valoir le directeur général de la communauté, Daniel Malec, en entrevue avec Le Devoir.

La communauté réclame d’Hydro-Québec une nouvelle entente concernant la coupe de bois, estimant que la société n’a pas respecté ses engagements lors des négociations dans le cadre du projet hydroélectrique de la rivière Romaine.

Daniel Malec appelle le premier ministre du Québec, François Legault, à agir pour régler la situation. « Il a indiqué en campagne vouloir une réconciliation avec les communautés autochtones, c’est le moment de prendre des actions. On ne veut pas juste les belles paroles de M. Legault. »

« Situation préoccupante »

En milieu de journée mercredi, une quinzaine de personnes bloquaient toujours le terrain, selon le porte-parole d’Hydro-Québec, Serge Abergel. De son côté, Daniel Malec affirme qu’une centaine de personnes manifestaient en matinée, mais que certains ont « dû partir pour travailler, aller manger ou chasser ».

« C’est une situation très préoccupante. On nous rapporte la présence d’armes à feu, alors on s’inquiète pour la sécurité des travailleurs qui vont vouloir partir en fin de journée », explique Serge Abergel.

Il précise qu’environ 750 travailleurs étaient encore sur le chantier en milieu de journée. « Les activités continuent, mais on évalue la possibilité d’évacuer les 750 personnes. Car si ça perdure, il va y avoir un problème d’approvisionnement », ajoute-t-il.

La Sûreté du Québec s’est rendue sur les lieux pour assurer une vigie, mais n’a pas souhaité commenter la situation. Les autorités n’ont donc pas confirmé la présence d’armes.

« Les membres de la communauté viennent montrer leur mécontentement, mais partent les uns après les autres pour pratiquer une chasse communautaire, on travaille aussi », a précisé pour sa part Daniel Malec, justifiant la présence d’armes à feu sur place.

Il assure que sans une nouvelle entente, la communauté innue n’hésitera pas à occuper le terrain « jour et nuit ».