Leonardo Rizzuto dit avoir été victime de profilage

Leonardo Rizzuto, 49 ans, fils cadet du défunt parrain de la mafia montréalaise
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne Leonardo Rizzuto, 49 ans, fils cadet du défunt parrain de la mafia montréalaise

Accusé de possession d’armes et de possession de cocaïne, Leonardo Rizzuto soutient que les policiers n’avaient aucune raison de le soupçonner d’être impliqué dans un réseau de trafic de drogue.

Le fils cadet du défunt parrain de la mafia montréalaise, qui est avocat, accuse les policiers de l’avoir visé à cause de son célèbre nom de famille et demande au tribunal l’annulation du mandat lancé contre lui.

Tandis que s’ouvrait son procès mercredi au palais de justice de Montréal, Leonardo Rizzuto a déposé une requête pour faire annuler le mandat en vertu duquel une perquisition a été menée en novembre 2015 à son domicile de Laval. Cette journée-là, les autorités ont mené une importante frappe contre « les têtes dirigeantes des gangs de rue,de la mafia italienne et des Hells Angels » qui a mené à l’arrestation de 48 personnes.

« [Leonardo] Rizzuto a un nom de famille notoire. Vous avez sans doute déjà entendu parler de son père [Vito] »,a souligné un des avocats de l’homme de 49 ans, Me Frank Addario, devant la juge Julie Riendeau de la Cour du Québec.

L’avocat estime que les autorités se sont laissé influencer par ce qu’il a qualifié de « potins à journaux » au sujet de la famille Rizzuto. Me Addario croit que si on remplaçait le nom de famille de son client par « Smith », celui-ci n’aurait pas fait l’objet d’autant d’attention de la part des autorités policières.

« Les policiers ont longtemps pensé que [son père] Vito Rizzuto était impliqué dans des activités criminelles et, comme des journaux le rapportaient, ils se sont permis de faire un lien qu’ils ont présenté comme une preuve, en se disant que la pomme ne peut jamais tomber loin de l’arbre », a-t-il dit.

L’avocat estime que les autorités policières n’avaient aucun motif raisonnable de croire que Leonardo Rizzuto baignait dans un réseau de trafic de drogue.

Me Addario a d’ailleurs rappelé que les accusations qui pèsent contre son client découlent de l’enquête pour gangstérisme à la suite de laquelle Leonardo Rizzuto a été acquitté en février dernier.

Le juge Éric Downs de la Cour supérieure avait accueilli la demande d’exclusion d’une partie essentielle de la preuve qui reposait sur de l’écoute électronique, soulevant plusieurs manquements de la part des policiers.

Il avait conclu que les policiers avaient violé les droits de Leonardo Rizzuto à neuf reprises.

Preuve inadmissible

Si la juge accepte d’annuler le mandat, les accusations contre Leonardo Rizzuto risquent de tomber, analyse l’avocat criminaliste Charles B. Côté.

« Si le mandat ne repose finalement que sur l’écoute électronique qui a été jugée inadmissible dans un autre dossier et que tout ce qu’il reste, c’est le fait que c’est un Rizzuto, c’est certain qu’il va y avoir un écueil », analyse le criminaliste.

Pour mener une perquisition, il faut avoir des soupçons raisonnables, rappelle le criminaliste.

« Il ne peut y avoir eu d’exagération, d’information tendancieuse qui laisse croire à quelque chose qui n’est finalement pas avéré », note l’avocat criminaliste Me Charles B. Côté.

Les procureurs de la Couronne, Me Matthew Ferguson et Me Marie-Christine Godbout, commenceront leurs plaidoiries sur cette requête jeudi.