L’entrée en vigueur du nouveau cadre légal sur le cannabis angoisse les Québécois

À l’aube de ce grand changement devant la substance psychotrope, 55% de la population anticipe des effets néfastes de la nouvelle législation canadienne sur son environnement direct, alors que 42% y voit une source d’amélioration positive pour l’économie de la province, indique un sondage de l’Institut Angus Reid dévoilé mardi.
Photo: Oleg Malyshev Getty Images À l’aube de ce grand changement devant la substance psychotrope, 55% de la population anticipe des effets néfastes de la nouvelle législation canadienne sur son environnement direct, alors que 42% y voit une source d’amélioration positive pour l’économie de la province, indique un sondage de l’Institut Angus Reid dévoilé mardi.

Les promesses de détente et d’euphorie légalisées sont précédées par l’angoisse. À 22 jours de la légalisation du cannabis au pays, plus de la moitié des Québécois estiment que le réseau de distribution et de vente du cannabis ne sera pas prêt à temps pour la date fatidique du 17 octobre prochain.

Pis, à l’aube de ce grand changement devant la substance psychotrope, 55 % de la population anticipe des effets néfastes de la nouvelle législation canadienne sur son environnement direct, alors que 42 % y voit une source d’amélioration positive pour l’économie de la province, indique un sondage de l’Institut Angus Reid dévoilé mardi.

D’un océan à l’autre, même si deux tiers des Canadiens appuient la légalisation, la peur de l’inconnu attise les perceptions négatives. À titre d’exemple, 57 % des répondants considèrent que la nouvelle loi ne va pas réussir à prévenir la consommation de cannabis chez les Canadiens d’âge mineur. Ils sont 17 % à se montrer plus optimistes et croire l’inverse. De la même manière, 60 % doutent de la capacité des corps policiers à enrayer l’usage du cannabis au volant, alors que plus de la moitié estime que le crime organisé ne va pas être affecté par ce passage dans la légalité d’une drogue qui, jusqu’à maintenant, donne du carburant à l’économie souterraine.

Le coup de sonde d’Angus Reid a été lancé dans les univers numériques du 4 au 7 septembre derniers. En tout, 1500 adultes issus de toutes les provinces y ont répondu. Sans surprise, les opposants à ce nouveau cadre légal sont 76 % à anticiper une catastrophe contre 36 % chez ceux qui appuient le geste du gouvernement fédéral. Seule la Colombie-Britannique juge positivement les effets de la légalisation sur la société ; 60 % des répondants de cette province en sont convaincus. Au Québec, cet optimisme n’est partagé que par 35 % des personnes sondées. C’est le taux le plus bas dans toutes les provinces canadiennes.

« Les résultats de ce sondage ne sont pas très étonnants, a commenté Lisa Massicotte, directrice générale de l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ) en entrevue au Devoir. Nous sommes en train d’expérimenter quelque chose que l’on ne connaît pas. Il est difficile de prédire si on le fait bien ou mal. Mais une chose est sûre, au Québec, nous le faisons de manière prudente », ce que les personnes un peu plus éloignées du sujet ne semblent pas voir, ajoute-t-elle.

Selon elle, les perceptions négatives par rapport à la légalisation ne sont pas étrangères au manque de confiance de la population en général envers le gouvernement et les élus. « À tort ou à raison, ça se reflète dans les perceptions », dit-elle, tout en cherchant à apaiser les angoisses. « La légalisation du cannabis, ce n’est pas le bogue de l’an 2000 », dit-elle. Ce bogue informatique laissait présager un avant paisible suivi d’un après apocalyptique. « Le cannabis est déjà la substance la plus consommée après l’alcool au Canada. Les 15-44 ans sont déjà responsables de 60 % de cette consommation. Ça ne va pas exploser après la légalisation. Il va peut-être y avoir une petite croissance liée à la curiosité au début, mais, très vite, tout va rentrer dans l’ordre », assure-t-elle.

Le sondage Angus Reid tend d’ailleurs à lui donner raison : 13 % des Québécois confirment qu’ils vont « assurément » faire usage du cannabis à des fins récréatives après le 17 octobre. Un autre 9 % se dit tenté par la chose. « C’est à peine plus que le 15,2 % des utilisateurs actuels de cette substance », conclut Mme Massicotte.