Ottawa ouvert à des modifications à la législation sur les armes de poing

Le maire de Toronto, John Tory, a rencontré des citoyens après avoir participé lundi à une cérémonie de recueillement en l'honneur des victimes de la fusillade. Le conseil municipal de Toronto a voté à 41 voix contre 4, mardi, pour inciter les gouvernements fédéral et provincial à interdire la vente d’armes de poing et de munitions pour ces armes dans la ville.
Photo: Mark Blinch La Presse canadienne Le maire de Toronto, John Tory, a rencontré des citoyens après avoir participé lundi à une cérémonie de recueillement en l'honneur des victimes de la fusillade. Le conseil municipal de Toronto a voté à 41 voix contre 4, mardi, pour inciter les gouvernements fédéral et provincial à interdire la vente d’armes de poing et de munitions pour ces armes dans la ville.

Dans la foulée de la fusillade qui a coûté la vie à une jeune femme et à une enfant à Toronto dimanche soir, le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, s’est montré ouvert à de possibles modifications de la législation fédérale sur les armes de poing, tout en prévenant que cela « nécessiterait des changements majeurs du Code criminel ».

« La sécurité publique est très importante pour les Canadiens », a déclaré mardi le ministre. M. Goodale a affirmé qu’il considérerait à ce sujet les témoignages et les propositions déjà reçues plus tôt cette année, relativement à l’attentat à la grande mosquée de Québec qui a fait six morts en janvier 2017.

Aucune échéance n’était envisagée pour l’instant. En mars, le gouvernement fédéral a présenté le projet de loi C-71 modifiant le contrôle actuel des armes à feu.

Dimanche soir, Faisal Hussain, 29 ans, a tué par balles une femme de 18 ans, Reese Fallon, et une fillette de 10 ans, sur l’avenue Danforth à Toronto. Le nom de l’enfant, Julianna Kozis, a été rendu public mardi soir. Treize autres personnes ont été blessées, dont certaines sérieusement. Le tueur a été retrouvé mort ; il est impossible de dire pour l’instant s’il s’est suicidé ou s’il a été atteint par les policiers. Selon ses proches, il souffrait de graves problèmes de maladie mentale.

Le service de police de Toronto enquête sur les événements, qui ne seraient pas considérés comme une menace à la sécurité nationale.

Une cérémonie de recueillement en mémoire des victimes de la fusillade sera tenue mercredi sur l’avenue Danforth.

Vote municipal

La fusillade de dimanche de même que la vague récente de violences par armes à feu dans la Ville Reine (220 fusillades, qui ont fait 27 victimes depuis le début de l’année) ont recentré l’attention sur la vente et l’achat des armes.

« Il y a un problème d’armes. Trop d’armes se retrouvent dans trop de mains et sont utilisées pour commettre des actes terribles », a déclaré le maire John Tory pendant le Conseil de ville, mardi.

Les causes et les solutions à la violence sont variées, et nous voulons être certains que ce que nous ferons aura des effets

On ne sait pas comment Faisal Hussain s’est procuré une arme à feu.

Le conseil municipal de Toronto a voté à 41 voix contre 4, mardi, pour inciter les gouvernements fédéral et provincial à interdire la vente d’armes de poing et de munitions pour ces armes dans la ville. Les armes sont de compétence fédérale et la vente des munitions, provinciale. Toronto ne peut pas mettre en place, seule, de telles mesures.

Le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a rappelé mardi que des discussions étaient en cours pour savoir comment des criminels violents se procuraient des armes. « Les causes et les solutions à la violence sont variées, et nous voulons être certains que ce que nous ferons aura des effets. »

Le nombre d’armes à feu achetées légalement au Canada, et qui sont revendues à des fins criminelles, a considérablement augmenté au cours des dernières années, soutient la police de Toronto. En 2017, environ la moitié des armes à feu provenait du pays, contredisant l’idée que la majorité des armes illégales au Canada proviennent de l’autre côté de la frontière, a expliqué le détective Rob Di Danieli. Les propriétaires légaux d’armes vendraient celles-ci pour faire un profit élevé rapidement.

Avec La Presse canadienne